Lors de sa dernière prise de parole devant la Haute cour militaire, le général Philémon Yav a réitéré sa fidélité à la nation et se dit disposé à servir dans l’armée

Lieutenant-général Philémon Yav dans la salle d'audience
Lieutenant-général Philémon Yav dans la salle d'audience

L’affaire mettant en cause le lieutenant-général Philémon Yav Irung a été prise en délibéré ce mardi 19 mai à la Haute cour militaire. Lors de sa dernière prise de parole, le prévenu a demandé son acquittement, avant de réaffirmer sa loyauté et sa fidélité au pays.

Dans des informations recueillies par ACTUALITE.CD, le lieutenant général Philémon Yav s’est dit prêt à servir le Président et l’armée Congolaise. Sa prise de parole a été précédée des répliques entre parties en ce qui concerne les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des parties.

La servitude pénale à perpétuité a été requise contre Philémon Yav pour trahison et incitation des militaires à commettre des actes contraires aux devoirs et à la discipline. L'auditeur général des FARDC fonde ses accusations sur un prétendu message que le général Peter Chirimwani avait, selon lui, découvert dans le téléphone du général Yav, message supposément envoyé par le général rwandais James Kabarebe. Pour le ministère public, ce message constituerait la preuve de l’infraction de trahison qui jusqu'à ce jour en dépit des auditions des renseignants n'a jamais été présenté devant la Haute Cour. Une version des faits toujours rejetée par Philémon Yav estimant que le message ne provenait pas d'un des officiels Rwandais.

Autre infraction d’après l’auditeur général, le général Philémon Yav avait demandé au général de brigade Evariste Mwehu Lumbu, à l'époque commandant du secteur opérationnel Sukola II Sud au Sud-Kivu, de ne pas trop s’investir sur le front, affirmant qu’en cas de victoire, celle-ci serait attribuée aux « Bangala », en allusion au gouverneur militaire du Nord-Kivu Constant Ndima.

La défense du général Yav a également dénoncé ce qu’elle qualifie « d’aberration juridique », soutenant que le Ministère public n’a jamais produit devant la Haute Cour le « présumé message compromettant ». Selon les avocats du prévenu, leur client a été privé de sa liberté sur la base de simples rumeurs. Pour maître Carlos Ngwapitshi, le lieutenant-général Philémon Yav ferait l’objet d’un complot orchestré par certains de ses collègues officiers, lesquels auraient mal perçu le fait d’avoir été écartés du commandement des opérations dans les Kivu, dans un contexte marqué par la guerre d’agression rwandaise menée à travers la rébellion de l’AFC/M23.