En RDC, les partis politiques d’opposition ont annoncé ce mardi la création de la Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) afin de faire bloc contre le projet de changement de Constitution pour le pouvoir. Cette coalition composée des principales formations politiques est appuyée par des mouvements citoyens dont Lucha. Elle tire sa source de l’article 64 de la Constitution qui dit : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’État. Elle est punie conformément à la loi. »
Devant des centaines de militants, les leaders de l'opposition dont Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean Marc Kabund, ont appelé à l'unité « pour faire échec à l’instauration d’une nouvelle dictature et d’un pouvoir personnel et à vie en République démocratique du Congo ». L’opposition accuse le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi de haute trahison.
« Toute tentative de changer de Constitution, par quelque mécanisme que ce soit, est un renversement de l’ordre constitutionnel. En poursuivant cet objectif, M. Félix Tshisekedi viole le devoir de sa charge et se rend coupable de crime imprescriptible de Haute Trahison conformément à l’article 64 alinéa 2 et 165 », disent les opposants.
Ils appellent également à retirer la proposition de loi portant organisation de référendum en examen au Parlement.
« Rejetons et condamnons la proposition de loi référendaire initiée à l’Assemblée nationale, qui est une ruse cynique dont l'unique objectif est de briser les verrous de la Loi Fondamentale et d’affranchir M. F. Tshisekedi des interdits, que la Nation a érigés sur base des tragédies expérimentées dans l’histoire de notre pays ; Exigeons le retrait du texte de la proposition de loi référendaire tel que présenté, car il constitue une violation de la Constitution ainsi qu’une menace grave contre l’ordre constitutionnel et la stabilité de notre pays ».
Félix Tshisekedi en est à son deuxième et dernier mandat constitutionnel. Mais depuis 2023, la coalition au pouvoir l’encourage à changer la constitution afin de briguer un troisième mandat.
« Nous affirmons solennellement qu’il n’y aura pas de troisième mandat pour M. Félix Tshisekedi, ni glissement, ni changement de Constitution. À l’expiration de son mandat, ou dès l’enclenchement du putsch constitutionnel, Félix Tshisekedi perdra tout droit d’engager la République et sera dès lors considéré comme un Hors-la-loi. De ce fait, immédiatement une résistance doit lui être opposée », soutiennent les opposants.
Cette mobilisation rappelle la lutte menée en son temps (2015-2016) par l’opposition dont faisait partie l’UDPS de Tshisekedi, contre le maintien au pouvoir de l’ancien président de la République Joseph Kabila au-delà de son mandat.
L’Eglise catholique se dresse également contre le projet d’une nouvelle constitution en RDC alors que Tshisekedi doit terminer son mandat en 2028. «… à l’échéance de son mandat, avec ou sans élections, Felix TSHISEKEDI devra quitter le pouvoir de gré ou de force », déclare la C64.
Samyr Lukombo