Cela ressemble à un séjour sans fin pour le maire de la ville de Kikwit, rappelé en consultation à Kinshasa par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani Lukoo, dans un message officiel du 31 janvier 2026.
Plus de trois mois après, Abbé Ngiama n’est toujours pas autorisé à regagner son poste de travail. Des sources proches du dossier signalent que les consultations auraient pris fin depuis deux mois. Elles tourneraient autour de l’affaire Claude Ibalanky, considéré comme un acteur politique originaire de Kikwit et président d’un parti politique, qui s’est rallié à l’AFC/M23 au début de l’année 2026.
Le 1er février dernier, le maire de Kikwit avait, par un communiqué officiel, interdit toutes les activités du parti politique Cause Commune dans sa juridiction jusqu’à nouvel ordre, condamnant fermement la présence de Claude Ibalanky aux côtés de l’AFC/M23. Son communiqué menaçait de sanctionner « toute personne qui organise, facilite ou participe à des activités politiques pour ce parti ».
Le 11 mars dernier, l’Inspection générale de la territoriale a diligenté une mission de contrôle de la gestion de la ville de Kikwit afin d’évaluer la gestion financière et administrative de la ville de 2024 à la date de la décision. Bien que les résultats concrets n’aient pas été rendus publics, une correspondance de l’inspecteur général adressée au gouverneur du Kwilu, parvenue à Actualité.cd, mentionnait quelques recommandations, notamment pour mettre fin au coulage des recettes.
Pour la Fraternité des natifs de Kikwit, la présence continue du maire à Kinshasa se révèle injustifiée à ce jour. Gabriel Kasongo estime que le retour de l’autorité urbaine de Kikwit doit être imminent afin de lui permettre d’assurer la gestion de son entité. « La Franaki déplore cette absence prolongée du maire, rappelé en consultation. Il y a eu une mission d’audit qui a été sanctionnée par des recommandations adressées au gouverneur pour travailler avec le maire, qui reste encore à Kinshasa. Kikwit est aujourd’hui menacée par l’insécurité. Son autorité est à Kinshasa pour des causes non justifiées. Cela devient une cacophonie », a déclaré Gabriel Kasongo, président de la Fraternité des natifs de Kikwit.
Jonathan Mesa