À Bunia, une série de disparitions et morts d’enfants plonge les quartiers Dele et Kindia dans la psychose

Boulevard de Libération à Bunia
Boulevard de Libération à Bunia

Une inquiétante vague de disparitions secoue depuis plusieurs mois les quartiers Dele et Kindia, dans la commune de Nyakasanza à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Entre enfants introuvables, corps retrouvés sans vie et familles sans nouvelles de leurs proches, la peur gagne progressivement plusieurs habitants de ces entités urbaines.

Selon le conseiller communal, Georges Muno Fanda, élu de la commune de Nyakasanza, la situation devient de plus en plus préoccupante depuis le mois de février dernier.

Dans le quartier Dele, environ six cas de disparitions auraient déjà été enregistrés. Deux décès ont été confirmés, tandis que plusieurs personnes restent portées disparues.

Mais c’est surtout au quartier Kindia que le phénomène choque davantage l’opinion. D’après cet élu local, au moins six enfants y ont disparu ces derniers mois dans des circonstances troublantes.

Parmi les cas les plus marquants figure celui d’un enfant de moins de cinq ans retrouvé mort dans un four de briques, portant des traces de violence à la gorge. D’autres mineurs auraient été retrouvés dans des quartiers éloignés ou encore hors de la ville, tandis que certains corps ont été découverts dans les eaux de la rivière Nyamukau.

" À Bunia, la disparition et le kidnapping des enfants deviennent très inquiétants. Plusieurs cas sont signalés dans les quartiers Kindia et Dele, où certains enfants et même des personnes majeures restent portés disparus jusqu’à ce jour. Selon plusieurs informations recueillies sur le terrain, ce phénomène semble être organisé par des réseaux criminels. Des familles continuent à pleurer leurs proches tandis que d’autres restent sans nouvelles de leurs enfants ", alerte Georges Muno Fanda.

Face à cette recrudescence des cas de kidnapping et de morts suspectes, l’élu communal appelle les autorités urbaines à renforcer urgemment les dispositifs de sécurité et les services de renseignement dans tous les quartiers de Bunia, particulièrement à Kindia et Dele où les cas deviennent récurrents.

" Nous demandons aux autorités de mener des enquêtes sérieuses afin de démanteler ces réseaux criminels et retrouver les auteurs de ces actes. J’appelle également les jeunes, les parents et toute la population à rester vigilants, à surveiller les mouvements des enfants et à dénoncer tout comportement suspect auprès des services de sécurité ", insiste-t-il.

Cette recrudescence de disparitions relance les inquiétudes autour de l’insécurité urbaine à Bunia, une ville déjà fragilisée par les conséquences de plusieurs années de conflit armé en Ituri.

Pour plusieurs habitants, l’absence de mécanismes rapides d’alerte et de recherche complique davantage la prise en charge des cas de disparition, surtout lorsqu’il s’agit d’enfants.

Des acteurs sociaux craignent également l’existence de réseaux criminels profitant de la vulnérabilité de certains quartiers périphériques où l’éclairage public, la présence policière et les dispositifs de surveillance restent insuffisants.

Jusqu’à présent, aucune communication officielle détaillée n’a encore été faite par la mairie de Bunia ou les services de sécurité concernant l’évolution des enquêtes sur ces disparitions.

Pendant ce temps, dans plusieurs familles de Dele et Kindia, l’angoisse continue de grandir chaque jour un peu plus.

Freddy Upar, à Bunia