AfricaForward réaffirme l’importance du soutien aux médiations africaines et du renforcement du rôle de l’UA dans la résolution des crises sécuritaires

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Africa Forward 2026. Lors d'une réunion de travail consacrée aux questions de paix et de sécurité en Afrique

Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, et son homologue kényan Musalia Mudavadi ont coprésidé, lundi 11 mai, une réunion de travail consacrée aux questions de paix et de sécurité en Afrique, en marge du sommet Africa Forward à Nairobi (Kenya).

Près de 40 pays et organisations régionales ont participé à cet échange, auquel ont également pris part le président de la Commission de l’Union africaine, Mohamed Ali Youssouf, ainsi que la République démocratique du Congo, l’un des pays africains touchés par la crise sécuritaire. La RDC était représentée à cette rencontre par Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger.

Sur son compte X, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) a indiqué que, lors du sommet Africa Forward, la séquence consacrée à la paix et à la sécurité a réaffirmé l’importance du soutien aux médiations africaines ainsi que du renforcement du rôle de l’Union africaine dans la prévention, la gestion et la résolution des crises sur le continent.

" Les conclusions seront présentées aux chefs d’État et de gouvernement demain mardi 12 mai lors d’une séquence de haut niveau dédiée. Les résultats de ces réunions à Nairobi seront portés lors d’une réunion inédite à Addis Abeba (Éthiopie) entre le Président de la République, le Secrétaire général des Nations Unies et le président de la Commission africaine ", précise un communiqué parvenu à ACTUALITE.CD

Sur le terrain, comme à chaque étape des discussions entre la RDC et la rébellion de l’AFC/M23, les deux parties ne parviennent pas toujours à tenir un discours commun sur le retour de la paix dans l’est de la RDC. Depuis la rencontre de Montreux, en Suisse, dans le cadre du processus de Doha sous l’égide de l’État du Qatar, Kinshasa et la rébellion AFC/M23 s’accusent mutuellement de violer les engagements de paix, notamment en raison de la poursuite des affrontements et des attaques de drones dans l’est de la RDC. Les avancées espérées sur le papier par les médiateurs continuent de céder la place à une méfiance accrue et à une impasse diplomatique.

Parallèlement, il en est de même pour le processus de Washington piloté par les États-Unis d'Amérique et qui porte sur la crise entre Kinshasa et le Rwanda. Malgré la tenue d’une série de réunions autour des médiateurs et facilitateurs, la situation sur le terrain peine à s’améliorer, dans un contexte où chaque partie interprète les dispositions de l’accord à sa manière, compliquant davantage sa mise en œuvre.

À l’issue de la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation des efforts de paix, tenue les 16 et 17 janvier à Lomé, au Togo, selon un document consulté par ACTUALITE.CD⁠, l’Union africaine avait précisé l’architecture de sa médiation pour le processus de paix dans l’est de la RDC. Selon ce schéma, la médiation est placée sous l’autorité du président togolais Faure Gnassingbé, désigné médiateur de l’Union africaine. Il est appuyé par une équipe de soutien à la médiation togolaise, composée du ministère togolais des Affaires étrangères et de la présidence.

Cinq cofacilitateurs, tous anciens chefs d’État africains, sont chargés de thématiques spécifiques. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est en charge des questions militaires et sécuritaires. L’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde s’occupe des questions humanitaires. L’ancien président kényan Uhuru Kenyatta est responsable du dialogue avec les groupes armés locaux. De son côté, l’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi supervise les questions de coopération économique régionale, tandis que l’ancienne présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza est chargée de la société civile, de la réconciliation et des questions liées aux femmes.

Le dispositif comprend également un secrétariat conjoint indépendant associant le Togo, l’Union africaine, la Communauté d’Afrique de l’Est, la Communauté de développement de l’Afrique australe et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. La Commission de l’Union africaine assure, pour sa part, la coordination avec les partenaires internationaux, notamment les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne ainsi que le groupe des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, précise le document.

Près de six mois après la mise en place de cette nouvelle architecture, l’Union africaine, dans la résolution de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC  marquée par les tensions entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et la rébellion AFC/M23 , reste encore peu visible. Son impact se fait difficilement sentir, surtout dans un contexte de statu quo des initiatives de paix en cours, notamment les processus de Washington et de Doha, qui avancent davantage sur le papier que sur le terrain, sans produire jusqu’à présent de résultats concrets.

Clément MUAMBA