Le Directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal Katemb, a tenu à réaffirmer la volonté des autorités congolaises, en général, et de son institution, en particulier, de lutter contre les systèmes de prête-noms et de renforcer l’impact économique local de la sous-traitance, un secteur stratégique de l’action gouvernementale en République démocratique du Congo.
Intervenant lors d’un briefing presse aux côtés du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, il a estimé qu’il est impératif de mettre fin aux pratiques consistant à faire des affaires en RDC tout en transférant les bénéfices à l’étranger. Pour l’ancien ministre provincial du Haut-Katanga en charge des Infrastructures et Travaux publics, ceux qui veulent faire de l’argent au Congo doivent s’y installer afin de créer des emplois et de contribuer au renforcement de l’économie locale.
"Il faut combattre ces systèmes de prête-noms. Ceux qui veulent faire de l’argent au Congo doivent venir créer des emplois au Congo, s’y installer et contribuer au développement de l’économie congolaise" a-t-il déclaré lors de cet échange avec la presse le 27 avril dernier dans les installations de la chaîne nationale RTNC.
Radiation d’entreprises et ouverture au dialogue
Le numéro un de l’ARSP a indiqué que les entreprises récemment concernées étaient jugées inéligibles. Toutefois, a-t-il précisé, une période de régularisation leur a été accordée, réaffirmant la volonté de son institution de maintenir le dialogue comme cadre de règlement des différends.
"Nous leur avons accordé un délai de 30 jours afin de relancer les appels d’offres" a-t-il précisé, ajoutant qu’une voie de recours reste ouverte : "les opérateurs concernés peuvent introduire des recours et venir s’expliquer, nous sommes disponibles pour le dialogue"
Des chiffres en forte progression
Par la même occasion, Miguel Kashal Katemb a également présenté l’évolution du secteur de la sous-traitance en RDC, mettant en avant une croissance significative du chiffre d’affaires. Dans son exposé, Il a rappelé qu’en 2022, le secteur était évalué à environ 300 millions de dollars. Depuis, les chiffres ont fortement progressé.
"En 2023, nous sommes passés à plus de 2 milliards de dollars, et en 2024 à environ 2,4 milliards de dollars" a-t-il indiqué.
Pour 2025, le chiffre est estimé à 1,7 milliard de dollars. Cette baisse est notamment attribuée, selon lui, aux effets de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
"L’intensification de la guerre d’agression à Goma et dans le Sud-Kivu a eu un impact négatif sur certains opérateurs économiques" a-t-il expliqué, tout en exprimant l’espoir d’un retour à la stabilité avant de saluer la volonté des autorités du pays avec à sa tête le Chef de l'État Félix Tshisekedi, de restaurer la paix afin de relancer convenablement l’activité économique.
Création d’emplois et chaîne de valeur
Par la même occasion, le DG de l’ARSP a rappelé que la sous-traitance s’inscrit dans la vision du Chef de l’État Félix Tshisekedi visant à développer la chaîne de valeur et à créer massivement des emplois.
"C’est une vision qui vise plus de six millions d’emplois. Nous avançons progressivement pour produire des statistiques fiables" a-t-il affirmé lors de son intervention.
Concernant les chiffres de l’emploi, il a précisé que les données actuelles (26 278 emplois déclarés) correspondent uniquement aux déclarations lors des enregistrements, et ne reflètent pas toujours la réalité du terrain.
Pour améliorer la fiabilité des données, l’ARSP a signé un protocole d’accord avec l’ONEM afin de croiser les bases de données.
"L’ONEM aura accès à notre base de données, et nous aurons également accès à la leur, sur base des déclarations. Cela nous permettra de vérifier combien d’entreprises déclarent réellement leurs effectifs. Nous travaillerons également avec les sociétés principales. Pourquoi les associer ? Parce que nous voulons obtenir des statistiques fiables sur le nombre réel d’emplois. En effet, lorsqu’un opérateur économique déclare ses effectifs à l’État, il peut avoir tendance à les réduire pour payer moins. En revanche, vis-à-vis de la société principale, par crainte de perdre son contrat, il est plus enclin à déclarer les chiffres réels", a-t-il fait savoir lors de son intervention.
Et d'ajouter :
"En croisant ces sources, nous pourrons produire des statistiques fiables que nous publierons prochainement. Ces données permettront de mesurer concrètement la contribution de la sous-traitance à l’objectif des plus de six millions d’emplois promis par le Président de la République. Nous publierons donc des statistiques fiables, à l’image de celles déjà publiées sur les marchés de la sous-traitance. Ces statistiques sont vérifiables, notamment auprès des entreprises principales, car il s’agit de marchés réalisés en République démocratique du Congo, payés en République démocratique du Congo, et traçables dans l’assiette fiscale du pays"
Transparence et traçabilité économique
Miguel Kashal Katemb a insisté sur la nécessité de transparence dans le secteur, soulignant que les marchés de sous-traitance sont exécutés, payés et traçables en RDC.
"C’est d’ailleurs l’objectif du Chef de l’État : créer de l’emploi en interne avec des Congolais, faire circuler l’argent dans le pays et faire de la sous-traitance un levier d’économie circulaire autour de nos matières premières", a-t-il soutenu lors de son intervention.
En date de Samedi 20 janvier 2024, Félix Tshisekedi a été investi pour son deuxième mandat à la tête de la République démocratique du Congo. Dans son discours d'investiture, il a abordé des questions sur la Sécurité, diplomatie, économie, chômage, cohésion nationale parmi les défis à relever d’ici la fin de son mandat en 2028. Félix Tshisekedi, successeur de Joseph Kabila Kabange à la magistrature suprême, s'est fixé comme objectif de bâtir un « Congo uni, sécurisé et prospère à l’horizon 2028 ». Il a visé un second mandat afin de « consolider les acquis » de son premier mandat.
Les Six engagements de Félix Tshisekedi porte premièrement sur la création d'emplois en accélérant la promotion de l'entrepreneuriat notamment celui des jeunes et au moyen d'une approche volontariste inspirée de nos réalités sociétales; deuxièmement, de protéger le pouvoir d'achat des ménages en stabilisant le niveau de l'inflation et en maîtrisant le taux de change; troisièmement, d'assurer avec beaucoup d'efficacité, la sécurité de nos populations, de notre territoire, de nos biens ainsi que la préservation de nos intérêts, au moyen d'une restructuration profonde de notre appareil de sécurité et par la poursuite du renforcement de notre diplomatie ; quatrièmement, de poursuivre la diversification de notre économie et d'accroître sa compétitivité en optant pour la transformation de nos produits agricoles et miniers bruts sur notre sol; cinquièmement, de garantir plus d'accès aux services de base en veillant à l'extension des programmes tels ceux de la couverture santé universelle, de la gratuité de l'enseignement et du PDL145 territoires et enfin, sixièmement de renforcer l'efficacité de nos services publics
Clément MUAMBA