Le Sommet Africa Forward co-organisé par le Kenya et la France s’ouvre du 11 au 12 mai à Nairobi. La France promet à cette occasion, de réitérer son soutien aux initiatives de paix en cours dans la région des Grands Lacs, à savoir le processus de Washington, qui prend en charge la crise entre Kinshasa et Kigali, et le processus de Doha, qui traite la crise entre Kinshasa et l’AFC/M23, mais aussi pousser pour la réouverture de l’aéroport de Goma, au Nord-Kivu, en vue de la reprise des vols humanitaires au profit des populations de l’Est de la RDC.
Mardi, l’Elysée a répondu aux questions des médias de nombreux pays francophones au sujet de ces assises qui auront comme thème: “Des partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance”. Répondant à une question de ACTUALITE.CD lors du briefing de presse organisé par visioconférence, l'Élysée a rappelé la forte implication de la France dans la résolution de la crise dans la région des Grands Lacs.
"Sur la situation dans l’Est, dans l’équilibre, elle sera, et vous savez tous la force de l’implication de la France en soutien des médiations, notamment la médiation américaine et la médiation qatarie, pour faire avancer les choses. Ce que nous souhaitions, c’était de faire entendre la voix des populations et surtout insister sur le besoin d’un soutien humanitaire. Ne pas oublier les besoins des populations les plus criants”, a répondu le délégué de l’Elysée.
Il ajouté:
“Il y a des besoins économiques forts, des investissements dans la région, mais il y a d’abord un besoin urgent de répondre aux populations. Parmi ces besoins, il y a celui de rouvrir l’aéroport de Goma. C’était un appel lancé à Paris. Depuis, malheureusement, il n’y a pas eu de progrès clairs. Il y a eu quelques signes, le sujet a été mis dans la discussion sous l’égide du Qatar, notamment lors des discussions en Suisse”.
Mais le Sommet Africa Forward se veut avant tout un cadre d’affaires qui va accueillir plus de 2000 chefs d’entreprises venus des différents pays. Mais l’urgence sécuritaire dans la région, et surtout dans l’est de la RDC s’impose dans l’agenda.
"On n’a pas de solution miracle dans ce sommet. Si on doit trouver des solutions et être dans la résolution du conflit des Grands Lacs, on doit soutenir l’implication africaine, les solutions africaines aux problèmes africains. On va apporter un soutien aux efforts en cours, mais on n’a pas la prétention de toujours trouver une solution, alors qu’il y a des médiations en cours", a réagi l’Elysée à la question d’ACTUALITE.CD.
Alors que le round de négociations mené à Montreux, en Suisse, du 13 au 17 avril 2026, entre des représentants du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), en présence de représentants des États-Unis d’Amérique, de l’État du Qatar et de la République du Togo (en tant que médiateur de l’Union africaine), était perçu comme une opportunité de relancer le processus de Doha en suspens depuis la signature de l’Accord-cadre en novembre 2025 et des termes de référence du Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu en février 2026 , la réalité sur le terrain reste inchangée, sans résultats concrets dans la mise en œuvre des engagements convenus en Suisse.
Ce constat fait suite à l’expiration du délai de dix jours convenu par les parties pour procéder à la libération des prisonniers afin de renforcer la confiance. Il est établi qu’aucun prisonnier n’a été libéré, en dépit de la bonne volonté affichée par les différents protagonistes, à savoir la rébellion de l’AFC/M23 et Kinshasa. Cette impasse diplomatique continue d’avoir un impact négatif sur la situation sécuritaire avec la poursuite des combats dans l’est de la République démocratique du Congo.
Parallèlement, depuis la signature du communiqué conjoint de Montreux, comme lors des précédents rounds de discussions menés à Doha, la situation demeure marquée par des accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu et de non-respect des engagements. Il en est de même pour le processus de Washington, en dépit de la tenue des réunions, la situation ne s'améliore pas, chaque partie interprète les termes de l'Accord à sa manière rendant difficile l'avancement de la mise en œuvre de l'Accord
Clément MUAMBA