La République démocratique du Congo, pays aux immenses ressources naturelles, entend, conformément au Programme d’action du gouvernement (PAG 2024-2028) mettre tout en œuvre pour que l’agriculture ne soit plus considérée comme un simple secteur économique, mais comme le pilier central du développement national.
C’est dans ce contexte que le Service national, organe paramilitaire chargé de l’éducation, de l’encadrement et de la mobilisation des actions civiques et patriotiques en vue de la reconstruction du pays, ambitionne de franchir une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la vision agricole du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, en RDC.
Selon les données de la cellule de communication de ce service, rattaché à la Présidence de la République et partagées à la presse ce lundi 30 mars 2026, le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, procédera incessamment au lancement de la récolte de la saison agricole 2025-2026. La production attendue est estimée à 40 000 tonnes de maïs, contre 25 000 tonnes la saison dernière, soit une augmentation de 60 % par rapport à l’année précédente.
D’après le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national, qui se dit satisfait de ce nouveau cap franchi, tout est prêt pour accueillir le Chef de l’État et procéder au lancement officiel de la récolte de cette année.
"Tout est fin prêt. Nous sommes très satisfaits du travail. La récolte cette année sera très importante et de très bonne qualité. De 25.000 tonnes l’année passée, nous passons à 40.000 tonnes de maïs cette année. Nous n’attendons que le Chef de l’Etat, commandant suprême, pour lancer la récolte", a déclaré le Lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, le Commandant du Service national.
Cette nouvelle performance du Service national, enregistrée depuis le lancement du processus de sa redynamisation sous la houlette du lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, est perçue comme une traduction de la montée en puissance de ses capacités de production. Elle confirme également l’ambition des autorités congolaises de renforcer durablement la sécurité alimentaire en République démocratique du Congo.
Conscient de l’importance de ce secteur, le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a, dans son discours de clôture de la Conférence des gouverneurs, appelé à booster davantage l’agriculture, en particulier dans un pays comme la RDC confronté à une insécurité alimentaire aiguë. À cette occasion, il a exhorté les différents acteurs à agir rapidement, de manière coordonnée, avec méthode et responsabilité, en vue d’améliorer le bien-être des populations.
"Nos travaux ont mis en lumière une évidence : la transformation du secteur agricole, halieutique et pastoral ne saurait être regardée comme une simple politique sectorielle parmi tant d’autres. Elle touche à l’essentiel : la sécurité alimentaire, l’emploi des jeunes, le pouvoir d’achat des ménages, l’équilibre entre villes et campagnes et, au-delà, la souveraineté même de la République. Cette exigence est d’autant plus pressante que la République démocratique du Congo demeure confrontée à une insécurité alimentaire de grande ampleur. Des dizaines de millions de nos compatriotes en subissent encore les effets. Les projections font état de 26,6 millions de personnes en situation de crise ou d’urgence alimentaire au début de l’année 2026. Une telle réalité nous oblige à agir vite, à mieux nous coordonner et à produire davantage, avec méthode, constance et responsabilité", avait recommandé le Chef de l'État Félix Tshisekedi
La République démocratique du Congo fait face à l’une des pires crises alimentaires au monde, avec environ 24,8 millions de personnes (soit 21 % de la population) en situation d’insécurité alimentaire aiguë élevée (phase 3 ou plus) entre septembre et décembre 2025, un chiffre qui devrait s’aggraver d’ici à la mi-2026. Selon les analyses du Cadre intégré de classification de l’insécurité alimentaire aiguë (IPC), les conflits armés dans l’est du pays ainsi que les maladies aggravent davantage la situation.
Cette analyse, menée du 8 au 27 septembre 2025 et validée par le ministère de l’Agriculture en présence du coordonnateur du Système des Nations unies en RDC et du représentant pays de la FAO, indique que neuf zones sont particulièrement touchées : Djugu et Mambasa (Ituri) ; Masisi, Lubero et Walikale (Nord-Kivu) ; Kalehe et Fizi (Sud-Kivu) ; ainsi que Kongolo et Moba (Tanganyika). Dans ces zones, 3,2 millions de personnes (soit 3 % de la population) se trouvent en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC), tandis que 21,5 millions (18 %) sont en situation de crise (phase 3).
Clément MUAMBA