De la vision présidentielle à l’instrument financier réel : la montée en puissance du FOGEC sous l’impulsion de Laurent Munzemba Kompa 

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Laurent Munzemba Kompa

Dans la plupart des économies en développement, l’accès au financement constitue l’un des principaux obstacles à l’essor de l’entrepreneuriat local. La République Démocratique du Congo n’échappe pas à cette réalité. C’est précisément pour répondre à cette difficulté structurelle qu’a été initiée, sous l’impulsion du Président de la République, la création du Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC), conçu comme un instrument destiné à faciliter l’accès au crédit pour les entrepreneurs congolais.

Toutefois, entre la conception d’une institution publique et sa traduction en structure opérationnelle, le passage est souvent une mer à boire.

La trajectoire du FOGEC présente à cet égard un intérêt particulier : celui d’une institution passée en quelques années du stade de projet institutionnel à celui d’un véritable outil financier installé dans l’écosystème entrepreneurial congolais. Cette évolution est largement associée au travail de structuration et d’opérationnalisation mené depuis 2021 par son Directeur Général, Monsieur Laurent MUNZEMBA KOMPA.

Un parcours forgé dans l’exigence de l’audit et de la finance internationale

Avant d’intégrer la sphère publique, Laurent Munzemba Kompa s’est construit un parcours académique et professionnel particulièrement structuré dans les domaines de la comptabilité, de l’audit et de la gestion financière. Expert-comptable agréé à l’ONEC, titulaire du Diplôme Supérieur de Gestion et de Comptabilité ainsi que du Diplôme de Gestion et de Comptabilité du CNAM-INTEC de Paris et d’un Master en Comptabilité et Finances de l’Université de Cocody à Abidjan (Côte d’Ivoire), il a suivi un cursus académique orienté vers les sciences comptables et financières entre le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la France.

Il entame sa carrière en Audit au sein de cabinets internationaux de référence, notamment KPMG et PricewaterhouseCoopers, où il intervient sur des missions d’audit et de conseil pour de grands groupes opérant dans des secteurs aussi variés que les télécommunications, la banque, les assurances, l’énergie, l’industrie agroalimentaire ou encore le transport maritime. Ces expériences, menées dans plusieurs pays africains, lui permettent d’acquérir une solide expertise en contrôle interne, en organisation des entreprises, en gestion des risques et en pilotage de la performance financière.

Il poursuivra ensuite sa carrière en entreprises en occupant des fonctions de direction financière et de contrôle de gestion au sein d’entreprises importantes opérant en République Démocratique du Congo, notamment Bracongo (Groupe Castel), Oasis/Tigo RDC, ICTSI DRC (MGT Matadi) et Activa Assurances RDC.

Ce parcours dans l’audit international et la direction financière va progressivement façonner une méthode de travail caractérisée par la rigueur, la structuration, la discipline financière et l’orientation vers les résultats mesurables.

Transformer une vision publique en mécanisme financier opérationnel

Lorsque Laurent Munzemba Kompa est nommé Directeur Général du FOGEC en fin mai 2021 par ordonnance présidentielle, l’institution n’est que, comme il aime à le dire, un ensemble de lettre sur une feuille blanche (un simple décret, un simple document). Le défi est alors de transformer une initiative issue de la vision du Chef de l’État en un outil réel qui agit et exécute, capable de fonctionner selon des standards professionnels, en partenariat avec les banques et les institutions financières.

Il s’agira notamment de structurer l’organisation interne, d’élaborer les procédures de gestion, de mettre en place les mécanismes de garantie, de développer les relations avec les partenaires financiers et d’instaurer des outils d’analyse et de suivi des projets financés. Il ne s’agissait donc nullement de gérer une institution mais bien de la construire, de lui donner forme, de lui faire un nom, de lui donner une existence et de la rendre crédible.

Des résultats chiffrés qui traduisent une montée en puissance réelle

La montée en puissance du FOGEC se mesure aujourd’hui à travers plusieurs indicateurs.

En mars 2026, l’institution affiche notamment :

• Environ 416 bénéficiaires accompagnés ;

• Plus de 4 millions de dollars américains de financement reçus par les entrepreneurs, dont 90% sous-forme de crédits bancaires garantis par le FOGEC,

• 160 entrepreneurs financés en garanties individuelles et plus de 200 entrepreneurs ayant bénéficié des garanties de portefeuille ;

• Un crédit moyen d’environ 23 246 USD par entrepreneur ;

• Plus de 2 500 emplois créés (directs et indirects) par ces bénéficiaires de financement ;

• Des bénéficiaires dans 16 provinces de la République ;

• 31% de femmes bénéficiaires ;

• 68% de bénéficiaires âgés de moins de 45 ans.

Par ailleurs, il est à noter que ces financements sont plus orientés vers l’économie réelle, notamment :

• Plus de 60 % vers l’industrie et la transformation agro-industrielle ;

• Environ 25 % vers les services.

Ces indicateurs traduisent une orientation vers la création de valeur, l’emploi et la structuration du tissu productif local.

La rigueur comme méthode de gouvernance

La progression remarquable du FOGEC en si peu de temps est souvent expliquée par la méthode de gestion mise en place à la tête de l’institution : organisation rigoureuse, discipline financière, procédures structurées, analyse des risques, accompagnement des entrepreneurs, suivi des financements mais surtout la culture du résultat.

Cette approche, héritée des métiers de l’audit et du contrôle de gestion, a progressivement contribué à installer la crédibilité du FOGEC auprès des banques, des partenaires et des opérateurs économiques.

Une crédibilité qui suscite la confiance

L’un des événements les plus significatifs dans l’évolution récente du FOGEC reste le don d’un million de dollars américains effectuée par un opérateur économique congolais au profit de l’institution. Dans le contexte institutionnel et économique congolais, un tel geste constitue un signal particulièrement fort de confiance d’un tiers, patriote, dans la gestion et la gouvernance d’un établissement public.

Plusieurs observateurs estiment que cette contribution exceptionnelle trouve son origine dans la crédibilité progressivement construite autour de l’institution, notamment par ses résultats et les témoignages des bénéficiaires de ses services.

Du projet institutionnel à l’outil de financement des entrepreneurs

En quelques années, le FOGEC est ainsi passé d’une vision portée au sommet de l’État à une institution structurée, puis à un mécanisme concret d’accompagnement des entrepreneurs congolais. Cette trajectoire contribue aujourd’hui à positionner le FOGEC comme l’un des instruments publics de référence dans l’écosystème entrepreneurial congolais.

Les institutions naissent souvent des décisions politiques. Leur crédibilité et leur viabilité en revanche se construisent dans la durée, par la rigueur, la méthode et les résultats. Et cela repose souvent dans la qualité des animateurs placés à la tête desdites institutions. FOGEC a donc de la chance.