La structure Biso Basi Telema a organisé, du 27 au 28 mars 2026, une conférence suivie d’une exposition à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa autour du thème : « Féminisme et numérique ».
Durant deux jours, les participants ont assisté à des conférences, panels et expositions consacrés aux enjeux du féminisme dans l’univers numérique. L’activité a été organisée en collaboration avec plusieurs partenaires, notamment le Goethe-Institut, le ministère du Genre, Famille et Enfant, ONU Femmes, la MONUSCO, ainsi que d’autres organisations.
Intervenant à cette occasion, Princilia Masengu, porte-parole de Biso Basi Telema, a expliqué que cette initiative vise à faire le lien entre féminisme et numérique, notamment face à la montée des violences basées sur le genre en ligne.
« Nous voulons concilier le féminisme et le numérique face aux violences basées sur le genre qui, autrefois observées dans la vie réelle, se sont aujourd’hui transposées dans l’espace numérique. Une femme ne devrait pas être jugée, insultée ou stigmatisée en raison de ses opinions ou de ses choix politiques », a-t-elle déclaré.
Elle a indiqué que cette activité est la succession de plusieurs formations sur le numérique et le féminisme qui avaient pour objectif d’outiller les femmes et les jeunes filles en matière de sécurité numérique, notamment pour la protection de leur vie privée en ligne. La porte-parole a également insisté sur la nécessité de déconstruire certaines perceptions du féminisme :
« Le féminisme n’est pas une lutte contre les hommes, mais une démarche d’inclusion sociale », a-t-elle souligné.
Au-delà de cette activité, Biso Basi Telema affirme poursuivre son engagement à travers des actions de sensibilisation, des conférences, des ateliers et des formations axés sur l’autonomisation des femmes, la justice et la paix.
« La lutte continue jusqu’à l’avènement d’une société de complémentarité où hommes et femmes sont égaux devant la loi », a-t-elle ajouté.
De son côté, Winnie Litote, représentante des Nations unies, a appelé à une mobilisation collective pour lutter contre les inégalités
« Le moment est venu de briser le cycle des inégalités et d’unir nos forces pour construire un avenir numérique fondé sur l’égalité des genres, au bénéfice des générations futures », a-t-elle affirmé, insistant également sur le rôle des médias dans la vulgarisation de cette lutte.
Pour sa part, Irène Kotoba, représentante de l’UNFPAa mis en garde contre les conséquences de la violence numérique.
« Les dirigeants doivent adopter des politiques efficaces pour éradiquer ce phénomène. La violence en ligne a des répercussions psychologiques graves et se prolonge souvent dans la vie réelle, notamment par le harcèlement de rue, les agressions physiques et sexuelles », a-t-elle indiqué.
Elle a également évoqué d’autres conséquences telles que la perte d’emploi et la marginalisation des femmes dans la sphère publique et politique.
« Face à la violence numérique, les femmes et les jeunes filles restent les principales victimes », a-t-elle conclu
À propos de Bisobasi Telema
Bisobasi Telema est un mouvement féministe qui milite pour l’application et la vulgarisation des droits des femmes. Sa mission consiste à éveiller la conscience des femmes en leur faisant connaître leurs droits, afin de faire progresser l’égalité et de contribuer à l’élimination des violences basées sur le genre. Le mouvement œuvre également pour exiger le respect et l’application des textes légaux en faveur des femmes en RDC, dans le but de garantir un monde plus juste et meilleur pour tous.
Divine Mbala