Sud-Kivu : des combats s'intensifient, des milliers de déplacés sans assistance humanitaire à Fizi

Fizi-centre
Fizi-centre

Ils n'ont ni à boire, ni manger encore moins l'accès aux soins de santé. Ces milliers de déplacés vivent dans des conditions inhumaines dans la cité et le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. Des combats continuels entre l'armée congolaise et ses alliés contre les rebelles de l’AFC/M23 aux environs amplifient la crise humanitaire qui, selon les autorités, a poussé au moins un million d'habitants à se déplacer sur différents axes du territoire précité.

Sur instruction des groupes armés wazalendo, il n'y a aucun site des déplacés érigé, mais le besoin est énorme. Ceux qui fuient leurs entités se contentent de rester dans les familles d'accueil et luttent au quotidien pour la survie. 

Au seul village d'Ekengya, à des dizaines de kilomètres de Fizi centre, près de deux mille déplacés éprouvent d'énormes difficultés. Angela Mauwa Ndone, mère de huit enfants, a fui des combats à Point Zéro, il y a quelques mois. Ses enfants n’étudient pas et passent des journées à déambuler dans les sentiers du village. Elle demande de l’aide.

« Je souffre beaucoup. Depuis que je suis ici, mes enfants n'étudient plus. Tu me trouves en train de piler cette petite quantité de maïs, c'est la ration d'aujourd'hui et je ne sais où trouver l'autre quantité pour demain. Je sollicite une assistance au gouvernement congolais et ses partenaires », a-t-elle lancé au micro d’ACTUALITE.CD.

M. Malyani Makambe, chef du village Ekengya souligne que les déplacés sont exposés à plusieurs maladies et se trouvent dans l’impossibilité d’honorer les factures au poste de santé local. « Nous avons 1883 déplacés venus de Point zéro, Rugezi, Kavanja, Kitumba et d'autres entités. Ils avaient fui laissant tout le nécessaire dans leurs villages respectifs. Ici, ils n’ont pas accès à l'eau potable, ni aux soins de santé. Ils sont incapables de payer 50 mille ou 100 mille francs congolais facturés après les soins », fait-il savoir. 

Dans cette zone de refuge, les déplacés ne sont pas à l'abri des détonations d'armes. À chaque combat à Point Zéro ou dans les chaînes de montagnes de Mitumba, la psychose règne dans le chef de la population qui craint une avancée des affrontements, affirme Maurice Musema, un habitant de la place. 

La communauté locale des déplacés internes sollicite ainsi l'intervention du gouvernement congolais tout en peaufinant des stratégies pour mettre définitivement fin à la guerre. Il s'agit, dit M. Musema, de la solution efficace pour limiter les déplacements intempestifs de la population.

Des enfants non scolarisés et parfois touchés par la malnutrition et des adultes qui doutent du lendemain résument la crise humanitaire sur l'ensemble du territoire de Fizi.

Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) s'active toutefois à apporter une réponse aux besoins même s'il ne saurait seul contenir la complexité de cette crise qui s'enfonce au quotidien suite aux affrontements persistants. 

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Dieubon Mughenze, envoyé spécial à Fizi