Annoncé dans 45 jours, le barrage hydroélectrique de Kakobola n'est pas toujours mis en service. Le courant n'est toujours pas lancé. Les territoires de Gungu et d’Idiofa ainsi que la ville de Kikwit restent dans le noir, 60 jours après la promesse du ministre des Ressources hydrauliques, en fin novembre 2025, lors de l’édition Makutano.
La situation alimente de vives inquiétudes au sein des populations de la région, qui se posent moult questions sans réponses. Elle révèle un contraste avec les avancées techniques déjà observées sur le terrain.
En effet, 1 800 ménages étaient raccordés à Idiofa en novembre, l’implantation des poteaux et le tirage des câbles moyenne tension étant achevés. À Kikwit, 8 000 abonnés sont raccordés sur les 10 000 attendus. Des compteurs et des disjoncteurs ont été placés chez les abonnés, alors que la sous-station, elle, est prête depuis 2024, de même que l’implantation des poteaux et le tirage des câbles.
Selon la cellule d’exécution, rien ne peut empêcher le lancement de l’électricité, en dépit des travaux de maintenance du réseau de distribution et du déménagement du réseau thermique.
Un des leaders d’opinion au Kwilu, le Dr Guy Kilundu, veut voir clair. « Le constat est que le gouvernement fait des promesses chaque fois que nous arrivons à la veille de la fête de la Saint-Sylvestre, des élections et du 30 juin. Cette fois-ci, c’est le ministre de tutelle qui a fait une promesse selon laquelle le courant serait lancé endéans 45 jours, c’était en novembre 2025. Aujourd’hui, nous sommes à près de 60 jours et le courant n’est toujours pas lancé. La population se pose la question : pourquoi ce blocage ? », s’interroge-t-il.
Il sollicite l’implication de tous les élus du Kwilu afin de concrétiser ce vieux projet du gouvernement.
Si des avancées sont également signalées dans le territoire de Gungu en général, les populations autochtones de Kakobola, gardiennes des terres, ont peint un tableau sombre. Selon le président de la société civile de Gungu, les peuples autochtones de Kakobola n’ont rien bénéficié de ce projet. Aucun poteau ni câble n’est visible dans ce village. Joachim Kusamba décrit une situation anormale.
« Rien n’a été fait pour les autochtones. Kakobola et le reste sont dans le noir. Ils ont seulement placé les bornes. Jusqu’aujourd’hui, la population de Kakobola n’a bénéficié d’aucun poteau pouvant donner l’espoir que, lors de l’inauguration, elle sera éclairée », déplore Joachim Kusamba, président de la société civile de Gungu.
Parallèlement, les peuples autochtones réclament une redevance sous forme d’investissement dans les infrastructures de base. Il s’agit de la construction d’une école technique professionnelle moderne dénommée « Institut Technique Professionnel de Kakobola », ITP Kakobola en sigle, pour les besoins de la formation de la jeunesse locale, assurer la pérennité de l’ouvrage, produire une meilleure main-d’œuvre et promouvoir l’entrepreneuriat local. Le mémorandum reprend aussi la construction d’un centre de santé bien équipé pour répondre aux besoins sanitaires des communautés locales.
Jonathan Mesa