L’ONG de défense des droits de l’homme la Voix des sans voix (VSV) a exprimé ses inquiétudes en rapport avec la recrudescence de l'insécurité grandissante dans la ville de Kinshasa marquée par des cas d'enlèvements récurrents. D'après le directeur exécutif de la VSV, Rostin Manketa, son organisation s'est penchée sur cette question en menant des enquêtes afin de faire la lumière sur cette question qui préoccupe au plus haut niveau les Congolais en général et les Kinois en particulier.
"Ces cas de kidnapping portent gravement atteinte à plusieurs droits humains notamment la liberté des mouvements, de circulation et puis il y a même le droit à la vie qui est menacé avec ces kidnappings, également droits à la sécurité et l'intégrité physique des personnes. Au niveau de la Voix des Sans Voix, nous sommes en train de mener des enquêtes pour qu'on en sache un peu plus", a-t-il dit à ACTUALITE.CD mercredi 5 juillet dernier.
A six mois des élections générales au pays et à moins d’un mois de l’organisation des Jeux de la Francophonie à Kinshasa, ce climat d’insécurité fait peur. Cette situation, d’après le responsable de la VSV démontre les failles qui existent au sein des services de sécurité mais aussi les limites du gouvernement.
"S'il y a de tels cas de kidnappings, il y a déjà un problème de failles au niveau des services de sécurité parce qu’en principe les services de sécurité doivent s'impliquer, s'investir pour identifier, traquer comme ils sont en train de le faire maintenant.Il faut se dire qu'il y a une main noire qui veut saper les efforts visant la tenue des élections et à torpiller les efforts par rapport à la tenue des Jeux de la Francophonie, il y a plusieurs suspicions dans ce sens là. Pourquoi seulement maintenant à quelques mois des élections ? Pourquoi seulement à quelques jours de la tenue des Jeux de la Francophonie? Ce sont des grandes questions qu'il faut se poser" a-t-il fait remarquer.
Et de poursuivre :
"Les services de sécurité doivent être efficaces pour dissuader de tels cas d'enlèvements. À six mois des élections, il y a une faille au niveau du gouvernement, un gouvernement qui est incapable d'assurer la sécurité des personnes et en d'autres termes c'est pour dire que d'ici au 20 décembre, peut-être qu'il sera difficile de rassurer les congolais et congolaises par rapport à la liberté de circulation et d'autres droits fondamentaux et donc là on peut aussi parler de cette main noire qui veut faire voir que le gouvernement est incapable d'assurer la sécurité des personnes et d'être incapable de garantir des élections sécurisées et apaisées sur l'ensemble du territoire national et en particulier dans la ville province de Kinshasa".
La ville de Kinshasa fait depuis quelques semaines face à l'insécurité grandissante caractérisée par les cas d'enlèvements à six mois des élections générales et à quelques semaines de l'organisation des Jeux de la Francophonie prévus entre fin juillet et début août de l'année en cours.
Face à ce phénomène, le gouvernement provincial de Kinshasa a, à l’issue d'une réunion du conseil provincial de la sécurité annoncé une série d’actions. Notamment, des patrouilles mixtes avec différents services de sécurité seront effectuées. Il y aura également des check-points pour traquer les inciviques.
Une trentaine de présumés auteurs de ces actes ont été présentés par la police dont 23 civils armés dont 6 jeunes femmes et 4 policiers ont été arrêtés et 3 voitures, 7 motos, 5 machettes, un fusil et des cagoules ont été saisis. Ils sont déférés devant la justice dans une procédure de flagrance.
Clément MUAMBA