Ituri : plus de 450 pistes clandestines favorisent la traite humaine à la frontière RDC-Ouganda 

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Les autorités provinciales de l’Ituri, les services de sécurité, les acteurs humanitaires ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers ont pris part, à Bunia, à un atelier consacré à la traite des êtres humains et au trafic illicite de migrants dans les zones frontalières entre la RDC et l’Ouganda.

Organisée dans le cadre du projet Borderlands financé par l’Union européenne et mise en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), cette rencontre a permis d’alerter sur l’ampleur croissante du phénomène dans la province de l’Ituri.

Représentant le gouverneur militaire, Dieudonné Omasombo, directeur de cabinet adjoint chargé de l’économie et des finances, a réaffirmé l’engagement des autorités provinciales dans cette lutte.

" Le gouvernement provincial de l’Ituri demeure engagé à accompagner toutes les initiatives visant à lutter contre la traite des êtres humains et le trafic illicite dans notre province. La protection des populations, surtout des femmes et des enfants, reste une priorité ", a-t-il déclaré.

Présentant les résultats de l’étude menée entre décembre 2025 et 2026, le docteur Ely Thelot, expert de l’OIM, a dressé un constat alarmant de la situation dans les zones frontalières.

" Les formes d’exploitation identifiées sont multiples : mariages forcés, exploitation sexuelle, esclavage sexuel, trafic d’organes humains, recrutement dans les groupes armés, travail forcé ainsi que l’exploitation dans les mines et l’agriculture ", a expliqué le docteur Ely Thelot.

Selon cette étude, plus de 450 pistes clandestines échappent au contrôle de l’État entre l’Ituri et l’Ouganda, facilitant non seulement la traite humaine, mais aussi plusieurs autres activités criminelles transfrontalières.

" Ces voies facilitent plusieurs formes de criminalité transfrontalière, notamment la traite des êtres humains et le trafic illicite des migrants ", a alerté le docteur Ely Thelot.

Le rapport mentionne également plus de 250 cas de disparition d’enfants enregistrés en une année en Ituri ainsi que plus de 25 000 cas de violences sexuelles basées sur le genre, dont près de la moitié concernent des mineures.

Au-delà de l’Ituri, cette situation reflète une réalité plus large observée dans plusieurs régions africaines touchées par les conflits armés, la pauvreté et les migrations irrégulières. Dans plusieurs pays du continent, des réseaux criminels profitent de la fragilité des frontières et du manque de contrôle sécuritaire pour exploiter des femmes, des enfants et des jeunes souvent en situation de vulnérabilité.

Les participants ont ainsi recommandé le renforcement des contrôles frontaliers, la formation des services de sécurité ainsi qu’une coopération accrue entre la RDC et l’Ouganda, afin de limiter ce phénomène devenu une menace sécuritaire et humanitaire majeure.

Freddy Upar, à Bunia