Insécurité en Ituri : plus de 1.000 finalistes absents aux épreuves d'Exetat 2026

Photo d'illustration
Des élèves finalistes

La crise sécuritaire continue d’impacter gravement le secteur éducatif en Ituri. La province éducationnelle Ituri 1 a enregistré un taux de déperdition de 6% lors des épreuves hors session de l’Examen d’État 2025-2026, selon les chiffres communiqués ce mercredi par les autorités scolaires.

D’après le directeur provincial de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté (EDU-NC) Ituri 1, Yvon Muke Abwasel, sur 18.618 candidats inscrits, seuls 16.754 ont effectivement pris part aux épreuves, tandis que 1.133 élèves ne se sont pas présentés.

" La sous-division de Djugu 1 est celle où l’on a enregistré le plus grand nombre de cas d’absence avec un taux de déperdition de 23%, suivie d’Irumu 3 avec 10%, puis d’Irumu 1 avec 9 % ", a déclaré Yvon Muke Abwasel.

Selon les autorités éducatives, cette situation est principalement liée aux affrontements armés persistants dans plusieurs zones de la province, particulièrement dans le territoire de Djugu où les violences entre groupes armés et forces gouvernementales provoquent des déplacements massifs de populations.

Au-delà des combats, plusieurs écoles restent confrontées à des fermetures temporaires, aux traumatismes psychologiques des élèves, à la pauvreté des familles déplacées ainsi qu’à l’insécurité sur les routes empruntées par les candidats pour rejoindre les centres d’examen.

Dans certaines localités de l’Ituri, des familles préfèrent désormais fuir les zones à risque plutôt que laisser leurs enfants poursuivre normalement les études. Cette réalité accentue la déscolarisation et fragilise davantage l’avenir des jeunes dans une province déjà affectée par des années de conflits armés.

" La sous-division de Djugu 1 est en proie aux affrontements et aux mouvements massifs de déplacement des élèves et des parents. C’est ce qui a fait que certains élèves n’ont pas pu se présenter à ces épreuves , a expliqué le directeur provincial de l’EDU-NC. 

Face à cette situation, les autorités éducatives envisagent de saisir le ministère national de l’Éducation afin d’étudier la possibilité d’organiser des épreuves de rattrapage pour les candidats empêchés de participer à cause de l’insécurité.

La province éducationnelle Ituri 1 couvre les territoires de Djugu, Irumu, Mambasa ainsi que la ville de Bunia, tous régulièrement touchés par les violences des groupes armés actifs dans l’Est de la RDC.

Freddy Upar, à Bunia