L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) n'exclut pas l'hypothèse d'une "main noire" comme le croit le gouvernement, à base de la recrudescence de l'insécurité urbaine marquée par des enlèvements à Kinshasa, dans le but de saboter la tenue des élections prévues dans six mois mais aussi les IXe Jeux de la Francophonie qui auront lieu dans moins d'un mois. Le président de l'ACAJ, Georges Kapiamba, n'exclut pas également l'hypothèse selon laquelle ce phénomène serait lié au phénomène Mobondo, cette milice qui sème la terreur et la désolation dans l'espace Grand Bandundu et une partie de la ville de Kinshasa.
"Cette recrudescence à notre avis a deux causes : premièrement il y a eu baisse de l'action de répression de la part des services de sécurité et deuxièmement nous constatons qu'il semble y avoir une main noire qui voudrait faire amplifier cette insécurité pour ainsi compromettre l'organisation des Jeux de la Francophonie mais aussi les élections. Nous sommes vraiment aussi convaincu que cette insécurité, cette recrudescence doit avoir des liens avec les autres poches d'insécurité que vous venez de citer [Mobondo, Ndlr]", a-t-il dit au cours d'une interview accordée à ACTUALITE.CD mercredi 5 juillet 2023.
Cette semaine, le porte-parole du gouvernement a indiqué qu’il y a des “laboratoires” qui travaillent pour combattre la tenue des Jeux de la Francophonie à Kinshasa.
"C'est pour créer une situation qui va carrément empêcher l'organisation des élections mais avant les élections empêcher aussi l'organisation des Jeux de la Francophonie. Il y a des hommes et des femmes de mauvaise foi, mal intentionnés qui souhaitent que toutes ces deux échéances ne puissent pas avoir lieu", a ajouté M. Kapiamba.
La ville de Kinshasa fait depuis quelques semaines face à l'insécurité grandissante caractérisée par les cas d'enlèvements à six mois des élections générales et à quelques semaines de l'organisation des Jeux de la Francophonie prévus entre fin juillet et début août de l'année en cours.
Face à ce phénomène, le gouvernement provincial de Kinshasa a, à l’issue d'une réunion du conseil provincial de la sécurité annoncé une série d’actions. Notamment, des patrouilles mixtes avec différents services de sécurité seront effectuées. Il y aura également des check-points pour traquer les inciviques.
Des dizaines de de présumés auteurs de ces actes ont été présentés par la police dont 23 civils armés dont 6 jeunes femmes et 4 policiers ont été arrêtés et 3 voitures, 7 motos, 5 machettes, un fusil et des cagoules ont été saisis. Ils ont été déférés devant la justice dans une procédure de flagrance. Le tribunal de grande instance de la Gombe les a condamnés à la peine capitale, une seule prévenue a écopé de deux ans de prison avec sursis.
Clément MUAMBA