Le campus universitaire du Lac à Goma/Ph Jonathan Kombi ACTUALITE.CD

Les activités sont paralysées depuis ce mardi au campus universitaire du Lac, à Goma, qui regorge 5 institutions d’enseignement supérieur et universitaire.

Les étudiants en colère ont décidé de sécher les cours pour dénoncer l'insécurité qui a atteint le monde éducatif, faisant allusion à la décapitation, dimanche, de deux sentinelles de l'Institut de Goma. Ils conditionnent la reprise des cours par des garanties sécuritaires.

« Les gens sont tués à Ndosho, à Majengo et à Beni mais on a décapité les sentinelles de l'Institut de Goma en pleine ville, en face de la police et à quelques mètres de la 34ème région militaire. Nous ne sommes pas en train de comprendre pourquoi est-ce que ces bandits n'ont pas été attrapés ? Les étudiants sont révoltés et disent qu'ils ne peuvent pas continuer à étudier dans une situation comme celle-là. Le monde éducatif est aussi ciblé par les bandits. Et donc la situation a pris une allure inquiétante », explique Stéphane Mate, porte-parole des étudiants de l'ISTA (Institut supérieur des techniques appliquées).

Deux sentinelles de l'Institut de Goma ont été tuées à la machette dans la nuit de dimanche à lundi. Les élèves en colère ont manifesté en bloquant la route au niveau du carrefour Instigo. La situation était redevenue normale après l’intervention de la police qui les a dispersés à coups de gaz lacrymogènes.

Le maire de Goma s’est montré, lundi, « dépassé » par les événements dramatiques dans sa juridiction.  

« Qu'est-ce qu'on dira ici quand il y a tueries des sentinelles. Vous avez toujours imputé à la police et à l'armée ce genre de situation. Mais est-ce qu'il y a la police ici quand on doit entrer dans un établissement scolaire et tuer les pauvres sentinelles. Je pense qu’il doit y avoir quelque chose qui se prépare dans la ville. Ce n'est pas correct que les tueries puissent se multiplier », a réagi Timothée Mwisa Kense, maire de Goma.

En moins de deux mois, près de 30 personnes ont déjà été tuées à Goma, selon la société civile locale.

Jonathan Kombi

 

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