Près de 130 chefs d’État et de gouvernement sont attendus à New York, aux États-Unis, à l’occasion de la Semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies. Prévue du 22 au 28 septembre, cette séquence diplomatique réunira les dirigeants du monde autour du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale, placé cette année sous le thème : « Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations unies au service de tous ».
Pour la République démocratique du Congo, cette édition sera marquée par une nouveauté au niveau de sa représentation. Depuis son accession à la magistrature suprême, Félix Tshisekedi avait jusque-là pris part personnellement à ce rendez-vous diplomatique annuel. Mais cette année, le chef de l’État a décidé de mandater la Première ministre Judith Suminwa Tuluka pour représenter la République Démocratique du Congo (RDC)
D’après un communiqué de la Primature parvenu à la rédaction de ACTUALITE.CD ce dimanche 20 septembre 2026, Judith Suminwa participera aux travaux de haut niveau du 22 au 26 septembre et portera la voix de la République démocratique du Congo au siège des Nations unies à New York aux États-Unis d'Amérique
« Mandatée à cet effet par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la Première Ministre participera aux travaux de haut niveau de l’Assemblée générale et portera la voix de la République démocratique du Congo sur les principaux enjeux internationaux, notamment la paix et la sécurité, le développement durable, la coopération internationale et le renforcement du multilatéralisme » rapporte la Primature de la RDC
La 81e session se tient dans un contexte international marqué notamment par les conflits, les inégalités, les urgences climatiques et les défis auxquels est confronté le système multilatéral. Selon la source citée, en marge des travaux de l’Assemblée générale, la Première ministre aura des rencontres bilatérales avec des partenaires de la République démocratique du Congo et des interlocuteurs susceptibles de contribuer au renforcement des coopérations dans les domaines prioritaires du pays, notamment la paix, la sécurité, le développement, les investissements et les partenariats économiques.
« La République démocratique du Congo entend, à travers cette participation, faire entendre sa voix au sein de la communauté internationale, défendre ses intérêts et consolider ses partenariats, conformément à ses engagements au sein des Nations unies » souligne le communiqué de la Primature
Cette nouvelle session de l’Assemblée générale des Nations unies intervient dans un contexte où, malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali ne parviennent toujours pas à parler le même langage et les tensions persistent, sur fond d’accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours, en particulier le processus de Washington sous l’égide de l’administration Trump.
Les engagements sécuritaires majeurs portant sur le retrait des forces rwandaises du sol congolais, qualifié par Kigali de « mesures défensives », ainsi que sur la neutralisation des FDLR, continuent de souffrir d’une faible mise en œuvre, comme l’avait constaté Massad Boulos, conseiller principal de l’administration Trump pour l’Afrique, lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies. Si Kinshasa avait annoncé être parvenue à la signature d’un protocole d’accord avec les FDLR en vue de leur démobilisation, de leur désarmement et de leur cantonnement, sans toutefois préciser le début effectif des opérations ni leur calendrier, Kigali conteste déjà cette démarche qu’il estime non conforme aux accords de Washington, lesquels évoquent la « neutralisation ».
Pour Kinshasa, la neutralisation ne signifie pas uniquement tuer les éléments des FDLR. Lors de la dernière réunion d’évaluation, les deux parties, de commun accord avec le médiateur, avaient convenu de revisiter le dispositif existant et de mettre en place un nouveau plan opérationnel. Kinshasa et Kigali ont également convenu de tenir, en octobre 2026, une conférence de planification trilatérale. Cette rencontre doit déboucher sur l’élaboration d’un ordre d’opérations révisé, destiné à encadrer les efforts coordonnés des différentes parties dans la mise en œuvre des engagements sécuritaires.
Il en est de même pour les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’État du Qatar entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit, peinent également à progresser malgré les récentes rencontres en Suisse. Après une longue période au point mort, plusieurs mesures convenues depuis la signature de l’accord-cadre n’ont toujours pas été mises en œuvre.
Si Kinshasa a réussi à libérer une quinzaine de détenus liés à l’AFC/M23, le mouvement rebelle soutenu par le Rwanda juge ce nombre insuffisant et exige un calendrier précis. Les accusations entre les deux parties continuent par ailleurs de se multiplier. Toujours dans le cadre du processus de Doha, au mois d’août dernier, la première mission de vérification du cessez-le-feu a été déployée à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, dans le cadre du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+).
Le déploiement de cette mission faisait suite aux engagements convenus à l’issue de la retraite d’évaluation tenue du 17 au 21 août en Suisse entre les représentants de Kinshasa et ceux de l’AFC/M23. Selon le communiqué final rendu public à l’issue de cette rencontre, les deux parties ont notamment évalué l’état de mise en œuvre de l’accord-cadre signé à Doha et adopté une feuille de route pour la poursuite des négociations sur les différents protocoles restants, en vue de parvenir à la signature d’un accord de paix censé rétablir la paix et l’autorité de l’État dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
En dépit de toutes ces initiatives et activités diplomatiques, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Les accusations mutuelles se multiplient, tandis que les appels au niveau régional et international se poursuivent, exhortant les différentes parties à honorer leurs engagements et à traduire les accords conclus en résultats concrets sur le terrain
Clément MUAMBA