En République démocratique du Congo, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo a rappelé aux partis politiques l’interdiction formelle de mener des activités à caractère militaire, paramilitaire ou assimilées, sous peine de dissolution. Cette mise en garde a été faite lors de la 102e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 6 novembre 2026, sous la direction de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, capitale de la RDC.
Dans sa note d’information présentée au Conseil et reprise dans le compte rendu de la réunion lu par Yolande Elebe, ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, le patron de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo a indiqué avoir rappelé à l’opinion publique en sa qualité de gestionnaire des partis politiques, les dispositions des articles 9, 21 et 31 de la loi n° 04/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des partis politiques
Ces dispositions, a-t-il fait savoir, interdisent aux formations politiques, sous peine de dissolution, toute activité à caractère militaire, paramilitaire ou assimilée, « sous quelque forme que ce soit ».
Par la même occasion, Jacquemain Shabani a également prévenu que le ministère de l’Intérieur entendait appliquer les mesures prévues par la loi en cas de violation de ces dispositions.
« Il a souligné que le ministère de l’Intérieur mettra en œuvre les mesures prévues dès lors que des violations de ces dispositions seront constatées », indique la note d’information reprise dans le compte rendu de la réunion,
Ce rappel du gouvernement de la République démocratique du Congo intervient dans un contexte où la Force du progrès, mouvement de jeunes affiliés à l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi), fait face à de graves accusations de violations des droits de l’homme. Selon des formations politiques de l’opposition et plusieurs témoignages, ce groupe de jeunes recourt à l’usage d’armes blanches et se comporte comme des forces de l’ordre dans certains quartiers de la ville de Kinshasa, en percevant parfois des taxes sur certains marchés.
Alors que des voix s’élèvent du côté de l’opposition et de la société civile pour appeler au démantèlement de ce réseau, au sein du parti présidentiel, certains estiment que des personnes mal intentionnées sont derrière ces pratiques, avec la complicité d’autres jeunes désœuvrés, dans le but de ternir l’image de Félix Tshisekedi et du parti présidentiel. Selon eux, ce mouvement, créé à l’époque où l’UDPS était dans l’opposition, est non violent. Ils rejettent en bloc toutes les accusations portées contre ce mouvement dénommé Force du progrès.
Cette démarche intervient également au moment où plusieurs formations politiques de l’opposition sont sous la menace d’une dissolution depuis la prise de la direction de la rébellion du FRN par Joseph Kabila Kabange. Son parti, le PPRD, vient d’être dissous par la justice congolaise. La décision du gouvernement est perçue comme une occasion de réaffirmer le respect du cadre légal régissant l’organisation et le fonctionnement des partis politiques en République démocratique du Congo.
Clément MUAMBA