Malgré les appels au respect du cessez-le-feu prévu dans le cadre du processus de paix de Doha, mené sous l’égide de l’État du Qatar, les combats entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du FRN se poursuivent et gagnent en intensité dans l’Est du pays. Au Sud-Kivu, cinq des huit territoires que compte la province sont touchés par ces affrontements. Des combats violents sont également signalés sur plusieurs fronts au Nord-Kivu accentuant ainsi la situation sécuritaire préoccupante dans cette partie de la RDC.
Alors que les deux parties continuent de s’accuser mutuellement d’être responsables des violations répétées du cessez-le-feu, en dépit des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques, Kinshasa met une nouvelle fois en cause la rébellion. Les autorités affirment que les FARDC restent en alerte et font échec à toutes les attaques de la coalition « ennemie » en référence à la rébellion du FRN, appuyée par le Rwanda. C’est ce qui ressort de la note d’information du VPM, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, présentée lors de la 102e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 6 novembre 2026, sous la direction de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
« Le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense et Anciens Combattants, a brossé la situation opérationnelle et sécuritaire, principalement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Il a rassuré que nos Forces armées de la République démocratique du Congo restent en alerte et font systématiquement échec aux attaques de la coalition ennemie pour défendre vaillamment nos populations », rapporte le compte rendu de la réunion.
Cette semaine, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a de nouveau alerté sur les violences armées qui continuent de détériorer la situation humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Entre les déplacements de populations, la fermeture des écoles, la perturbation des opérations humanitaires et la progression de l’épidémie d’Ebola, les besoins ne cessent de s’accroître dans un contexte également marqué par cette crise sanitaire.
Face à la multiplication des défis sécuritaires et sanitaires, les Nations unies réitèrent leur appel à toutes les parties au conflit afin qu’elles respectent leurs obligations en matière de protection des populations civiles et facilitent l’intervention des acteurs humanitaires.
« L’ONU réitère son appel à toutes les parties pour qu’elles protègent les civils et garantissent un accès humanitaire sûr, durable et sans entrave. Les combats ne doivent pas empêcher les travailleurs humanitaires et les personnels de santé d’atteindre les personnes qui ont un besoin urgent d’assistance », a déclaré OCHA dans sa note d’information.
Dans l’Est de la RDC, où les crises sécuritaires et sanitaires se conjuguent, la protection des civils et l’accès aux services essentiels demeurent des priorités urgentes, mais aussi un défi majeur pour la communauté humanitaire. À cette situation s’ajoute l’absence de résultats escomptés dans les initiatives diplomatiques de Washington, qui prend en charge la crise entre Kinshasa et Kigali sous l’égide des États-Unis d’Amérique, et de Doha qui s’occupe de la crise opposant la rébellion FRN appuyée par le Rwanda ex-AFC/M23 à Kinshasa avec à sa tête l’ancien chef de l’État Joseph Kabila Kabange.
La situation demeure préoccupante dans l’Est de la République démocratique du Congo, malgré les nombreuses réunions organisées dans le cadre de ces initiatives diplomatiques. Les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à cette guerre d’agression qui se répète dans cette partie de la RDC.
Clément MUAMBA