Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus a alerté sur les conséquences des violences dans l’est de la République démocratique du Congo sur la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit dans le pays depuis le 15 mai soit depuis près de six mois. Cette crise sanitaire vient s’ajouter aux crises sécuritaire et humanitaire qui frappent déjà l’Est de la RDC.
Dans un message publié sur son compte X, samedi 6 novembre 2026, il a dénoncé les attaques visant des structures sanitaires à Beni et dans la zone de santé de Mabalako, au Nord-Kivu, qui affectent les patients, les populations locales et les équipes chargées de la riposte. À Beni, l’OMS a notamment fait état d’une attaque contre un centre de traitement Ebola, survenue le 6 novembre. D’après Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, la police est intervenue pour empêcher une tentative d’incendie de cette structure.
« La violence dans l’est de la RDC coûte des vies et compromet la réponse à Ebola. À Beni, l'OMS est profondément préoccupée par l'attaque contre un centre de traitement Ebola le 6 novembre. La police a empêché une tentative d'incendie criminel. Dans la zone sanitaire de Mabalako, des attaques perpétrées par un groupe armé les 5 et 6 novembre ont coûté la vie à des patients lorsque trois établissements de santé ont été incendiés », a déploré le directeur général de l’OMS.
Ces violences, rappelle le directeur général de l’OMS, ont provoqué la fuite de la population, y compris des personnes suivies en raison de leur contact avec des cas d’Ebola.
« La population a fui pour se mettre à l'abri, y compris les personnes suivies pour avoir été en contact avec des cas d'Ebola. Les équipes d'intervention ont suspendu leurs activités prévues le 6 novembre en raison de l'insécurité », a-t-il fait savoir dans sa réaction.
Par ailleurs, le directeur général de l’OMS a précisé que tout le personnel de l’organisation présent sur ces différents sites avait été recensé.
« Tout le personnel de l'OMS présent sur ces sites a été recensé. Le personnel de santé et humanitaire, les patients et les civils doivent être protégés en toutes circonstances. La violence ne fait qu'accroître les chances de propagation du virus », a fait remarquer le patron de l’OMS.
Pour le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’insécurité constitue un obstacle majeur à la lutte contre Ebola. Les attaques contre les structures sanitaires perturbent les activités de surveillance, de prise en charge et de suivi des personnes exposées au virus, compromettant davantage les efforts déployés pour contenir l’épidémie.
« Le peuple de la RDC a besoin de paix. Sans paix, nous ne pouvons ni arrêter Ebola ni assurer la sécurité sanitaire », a déclaré Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Son message se termine par un appel à la paix, qu’il considère comme une condition indispensable à la protection des populations et à l’efficacité de la riposte sanitaire : « Le meilleur remède, c’est la paix. ».
Depuis le 15 mai de l’année en cours, la République démocratique du Congo est confrontée à une épidémie d’Ebola dans l’Est du pays, une région où les conflits armés, les difficultés d’accès aux malades et la méfiance envers les autorités sanitaires compliquent davantage la riposte contre cette maladie, considérée comme l’une des plus meurtrières auxquelles la RDC a été confrontée, selon plusieurs partenaires sanitaires et humanitaires du pays.
L’urgence dépasse désormais les frontières congolaises. Des cas ont également été signalés dans plusieurs autres pays africains, notamment au Kenya et au Nigeria, illustrant la nécessité d’une mobilisation commune contre cette épidémie mortelle.
Clément MUAMBA