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Élections en RDC: face aux retards dans l’exécution de la feuille de route 2025-2029, la SYMOCEL appelle la CENI à l’actualiser 

Centre Bosolo de la CENI

Publiée il y a plus d’un an par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la feuille de route 2025-2029 accuse toujours des retards dans sa mise en œuvre, plusieurs activités programmées n’ayant pas encore été réalisées. À moins de deux ans des élections prévues en 2028, conformément à la Constitution de la République démocratique du Congo, la centrale électorale est appelée à revoir et à actualiser ce document afin de l’adapter à l’évolution du contexte et d’y intégrer des mesures permettant de rattraper le retard accumulé.

Il s’agit de l’une des recommandations formulées par la SYMOCEL (Synergie des missions d’observation citoyenne des élections) dans son nouveau rapport intitulé : « RDC 2028 : ÉVITER LE NAUFRAGE ÉLECTORAL : Le respect de la périodicité électorale à l’épreuve des retards, des contraintes financières et des incertitudes politiques ».

Ce rapport de cette plateforme de la société civile de la République démocratique du Congo (RDC), dédiée à l’observation des processus électoraux et au renforcement de la démocratie, est parvenu à la rédaction de ACTUALITE.CD ce samedi 7 novembre 2026. Il examine le cadre juridique, la feuille de route de la CENI ainsi que les risques pesant sur le respect des échéances constitutionnelles.

« À la CENI : Publier une feuille de route actualisée faisant apparaître, pour chaque activité, l’échéance initiale, l’état d’exécution, les causes du retard, les ressources nécessaires et les mesures de rattrapage. Informer régulièrement l’opinion sur les progrès accomplis, les difficultés rencontrées et les risques résiduels, sans dissimuler les contraintes ni présentés comme inéluctables des difficultés qui peuvent encore être corrigées », recommande la SYMOCEL dans son rapport.

Au Parlement, c’est-à-dire à l’Assemblée nationale et au Sénat, la SYMOCEL recommande d’exercer pleinement les compétences budgétaires et de contrôle, d’examiner les rapports de la CENI dans des délais utiles et d’assurer le suivi des crédits consacrés aux élections. Selon le document, le contrôle parlementaire doit contribuer à la transparence et à la recherche de solutions, sans porter atteinte à l’indépendance de la centrale électorale.

À la Cour constitutionnelle et aux juridictions compétentes, cette organisation recommande de garantir, dans les limites de leurs attributions, la primauté de la Constitution, la sécurité juridique et l’effectivité des voies de recours. Pour la SYMOCEL, toute mesure affectant les échéances ou les garanties électorales doit être appréciée au regard des textes applicables et non d’une simple convenance politique.

Aux autorités sécuritaires et aux autorités provinciales, le rapport recommande d’élaborer un dispositif de sécurisation des opérations électorales adapté aux réalités territoriales, de documenter les zones accessibles et celles où les opérations demeurent impossibles, et de rechercher des solutions permettant de préserver les droits électoraux des populations affectées. Selon le rapport, les contraintes sécuritaires doivent être établies, évaluées et réexaminées. Elles ne peuvent être invoquées de manière générale sans examen des possibilités concrètes d’action.

Couvrant la période allant de 2025 à 2029, cette feuille de route visait à baliser le chemin devant aboutir aux préparatifs et à l’organisation des scrutins combinés de 2028. Toutefois, son exécution et sa mise en œuvre accusent des retards. Un mois après sa publication, soit le mardi 6 mai 2025, le président de la Commission électorale nationale indépendante, Denis Kadima Kazadi, s’était rendu à l’entrepôt central de la CENI pour évaluer l’état d’avancement des opérations d’inventaire et de contrôle de la fonctionnalité des matériels électoraux, première étape de cette feuille de route.

Cependant, d’avril 2025 à ce jour, plusieurs activités retenues n’ont pas été exécutées. Aucune communication officielle de la part de l’institution chargée de l’organisation des élections en République démocratique du Congo n’a, par ailleurs, été faite à ce sujet.

D’après le constat fait par ACTUALITE.CD, durant la période allant d’avril à juin 2025, il était prévu de procéder à la mise à jour des cartographies opérationnelles. Entre avril et mai 2025, la CENI devait également évaluer et mettre à jour les outils, les méthodologies et les procédures opérationnelles, ainsi que les logiciels utilisés pour la révision du fichier électoral (RFE 2022).

Par ailleurs, d’avril à septembre 2025, la CENI devait procéder aux préparatifs et à l’acquisition des matériels nécessaires à l’identification et à l’enrôlement des électeurs dans la province pilote. Aucune de ces opérations n’a été exécutée.

De septembre à octobre 2025, la CENI avait prévu l’identification et l’enrôlement des électeurs dans la province pilote. Pour la période allant d’octobre 2025 à février 2026, il était prévu d’intégrer les recommandations issues de l’évaluation de l’opération pilote. Durant cette même période, l’acquisition du matériel destiné à l’identification et à l’enrôlement des électeurs devait également être réalisée. Enfin, entre février 2026 et septembre 2027, la CENI devait lancer l’identification et l’enrôlement des électeurs dans les quatre aires opérationnelles (AO1, AO2, AO3 et AO4).

Ces activités n’ont pas non plus connu d’exécution. Pourtant, selon le calendrier établi, l’identification et l’enrôlement des électeurs devraient déjà être en cours, ce qui n’est toujours pas le cas.

Clément MUAMBA 

 


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