Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté les enjeux liés à la candidature de la République démocratique du Congo pour accueillir le Bureau régional africain du Centre consultatif pour le règlement des différends investisseurs–États (BCCR-RDIE). Ce dossier a été abordé dans sa note d’information présentée lors de la 102e réunion du Conseil des ministres, présidée vendredi 6 novembre 2026 par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, capitale de la RDC.
Dans son intervention, le ministre a rappelé que la candidature de la RDC avait été formellement validée lors de la 29e réunion du Conseil des ministres, tenue le 24 janvier 2024. À cet effet, le gouvernement s’était engagé à accompagner l’établissement de cette structure internationale, notamment en mettant à sa disposition des espaces de bureaux au sein du Centre financier de Kinshasa.
« Notre Gouvernement s’est engagé à accompagner l’établissement du Centre et la mise à disposition d’espaces de bureaux au sein du Centre financier de Kinshasa. Ces engagements ont été réitérés lors de la défense de notre candidature devant les instances internationales à Paris, en décembre 2025 », a rappelé Julien Paluku dans le compte rendu de la réunion, lu par Yolande Elebe, ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine.
Au cours de cette 102e réunion, l’évolution du processus de sélection et des prochaines échéances a été également abordée par les membres du gouvernement.
« Les membres du gouvernement ont été informés que l’arbitrage final pour le bureau international, disputé entre la Thaïlande et le Maroc, interviendra dès le début du mois de janvier 2027, ce qui va accélérer irrémédiablement le calendrier global d’attribution des sièges », indique le compte rendu de la réunion.
Face à cette évolution, des recommandations stratégiques relatives au dossier de candidature de la RDC ont été examinées au cours des échanges entre les membres du gouvernement, sous la direction de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka.
Rappelons qu'à travers cette démarche, la République démocratique du Congo ambitionne de devenir un carrefour juridique pour la sécurisation des investissements. C’est dans cette perspective que Kinshasa intensifie ses efforts pour accueillir le Bureau régional africain du Centre consultatif pour le règlement des différends entre investisseurs et États (BCCR-RDIE), une structure appelée à assister les pays dans la défense de leurs intérêts face aux contentieux internationaux.
Pour les autorités congolaises, l’accueil de ce centre permettrait de renforcer la souveraineté juridique de la RDC, de réduire les coûts d’arbitrage et d’envoyer un signal de confiance aux investisseurs, dans un contexte de compétition avec plusieurs capitales africaines. Au-delà de l’enjeu institutionnel, le gouvernement voit dans cette candidature un moyen de consolider la sécurité juridique des investissements et de positionner la RDC comme un acteur central du droit commercial international sur le continent.
C’est dans ce cadre que le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, agissant au nom de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, avait présidé, au début de l’année à Kinshasa, une réunion stratégique consacrée à l’état d’avancement de la candidature congolaise. Cette rencontre faisait suite à une demande du Garde des Sceaux visant à informer la cheffe du gouvernement de l’évolution du dossier et à renforcer l’implication politique au plus haut niveau de l’État.
À cette occasion, la Task-force BCCR-RDIE, mise en place par le gouvernement, avait présenté les progrès réalisés ainsi que les prochaines étapes à engager pour consolider la position de la RDC face aux autres pays africains candidats.
Le lundi 1er décembre 2025, la République démocratique du Congo avait officiellement présenté sa candidature pour accueillir le Bureau régional Afrique du Centre consultatif pour le règlement des différends entre investisseurs et États (CIRDI–ONU). La session, organisée au siège de la Commission des Nations unies pour le droit commercial, avait réuni les pays candidats dans un cadre de transparence et d’évaluation comparative.
À cette occasion, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, avait défendu la candidature congolaise devant le Secrétariat général. Il avait mis en avant une vision structurante visant à faire de la RDC un pôle d’excellence continental en droit commercial, en responsabilité étatique et en gestion des conflits d’investissement précisant que ces dernières années, son pays la RDC a noué des partenariats stratégiques avec l’Organisation mondiale du commerce, à travers le Cadre intégré renforcé (CIR), la CNUCED et le Centre du commerce international (CCI), afin d’accroître son intégration dans le commerce mondial.
Dans sa présentation, Julien Paluku avait articulé douze piliers pour soutenir la candidature congolaise. Parmi ceux-ci figuraient la position stratégique de la RDC au cœur du continent, entourée de neuf pays et connectée à un marché potentiel de plus de 450 millions de consommateurs ; ses importantes ressources naturelles, essentielles à la transition énergétique mondiale ; un cadre juridique en modernisation, fondé notamment sur l’adhésion au droit OHADA, le Code des investissements et le régime des Zones économiques spéciales ; son appartenance à plusieurs communautés économiques régionales (SADC, CEEAC et COMESA) ; ainsi que l’engagement financier du gouvernement, qui avait intégré dans le budget de l'exercice 2026 les premières dépenses d’équipement du futur bureau.
Clément MUAMBA