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Maï-Ndombe : une baleinière s'effondre après une collision sur la rivière Lukeni, toute la marchandise engloutie à Nkolo

Vestiges de l'embarcation naufragée du 17 décembre 2024 au port d'Isongo sur le lac Mai-Ndombe

D'importants dégâts matériels ont été enregistrés à la suite d'une collision survenue vendredi soir entre deux baleinières naviguant en sens opposés sur la rivière Lukeni, au village Nkolo, situé à plusieurs dizaines de kilomètres de Bokoro, dans la province du Maï-Ndombe. L'accident s'est produit aux alentours de 20 heures.

La baleinière des établissements « Papa Jean Weto » est entrée en collision avec celle des établissements « Maman Antoinette ». Cette dernière s'est complètement effondrée dans les eaux de la rivière, entraînant avec elle toute sa cargaison, composée notamment de sel, de farine, de savon, de tôles, de lots de vêtements et de produits cosmétiques.

Selon l'administrateur du territoire de Kutu, le gérant de la baleinière qui a sombré a été admis en soins intensifs, tandis que celui de l'autre embarcation a été arrêté par les éléments de la force navale.

Malgré l'interdiction de la navigation nocturne et la mesure visant à interdire la navigation des baleinières en bois, les armateurs continuent de faire naviguer leurs embarcations de nuit sur les rivières et le lac Maï-Ndombe. L'administrateur du territoire de Kutu, Jacques Nzenza Mongie, dénonce l'inefficacité des services chargés de faire respecter ces mesures.

« Le problème, ce sont les forces commises à la navigation. Pendant que nous dormons, elles laissent passer les embarcations nuitamment. Et les armateurs profitent de la situation de ces forces-là pour naviguer. On a tout le temps déploré cette pratique. Lorsqu'on ferme les bureaux pour aller dormir, ce sont eux qui doivent s'occuper de tout ce qui se passe la nuit », a déclaré Jacques Nzenza Mongie.

De leur côté, certains observateurs estiment que la persistance de la navigation nocturne s'explique également par d'autres facteurs. Juriste congolais, chercheur en droit fluvial et lacustre et apprenant à l'Université de Reims Champagne-Ardenne, Aron Matala invite le gouvernement à renforcer les capacités du personnel chargé de la navigation, notamment sur le plan logistique, afin de lui permettre d'assurer efficacement les opérations de contrôle et de secours.

« Le gouvernement doit accroître les effectifs du commissariat fluvial, former correctement ses agents et instaurer une garde de nuit. Les agents, notamment sur les voies lacustres, ne disposent pas d'engins leur permettant de poursuivre les embarcations qui refusent d'accoster. Le gouvernement doit leur doter des radios VHF pour assurer la communication entre les embarcations et la terre ferme, des canaux rapides pour les interventions et le secours, des haches, le dragage, des bouées et des gilets de sauvetage », a-t-il déclaré.

La province du Maï-Ndombe figure parmi les régions les plus exposées aux naufrages à répétition. L'insuffisance d'embarcations sécurisées contraint les opérateurs économiques et les voyageurs à recourir aux baleinières en bois pour assurer leurs déplacements et leurs échanges commerciaux.

Jonathan Mesa

 


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