Traverser la rivière Kwango est devenue une véritable épreuve, voire un risque permanent pour les habitants de la commune rurale de Popokabaka et des environs. Les enseignants, les élèves et les agriculteurs sont particulièrement concernés.
Depuis quatre ans, le bac qui facilitait la traversée est immobilisé contre les rochers, après avoir échoué sur la rivière. Depuis, les habitants n’ont d’autre choix que d’emprunter des pirogues de fortune. Le prix de la traversée est passé de 500 à 1 000 FC depuis la panne du bac.
Chaque matin, ces usagers s’exposent ainsi aux aléas de la rivière. La traversée dépend notamment des conditions météorologiques et de la décision des piroguiers. Plusieurs naufrages ont déjà été enregistrés, entraînant parfois la perte de biens emportés par les eaux.
Dadou Kawamwanza est conducteur de pirogue depuis six ans. Titulaire d’un permis, il exerce ce métier qui lui permet de subvenir à ses besoins et qui lui a valu une certaine renommée au port de Popokabaka. Malgré les revenus qu’il en tire, il reconnaît les risques auxquels les passagers sont exposés.
« On rencontre souvent le vent sur la rivière. Il arrive aussi qu’on se heurte contre le sable et les rocs. Une pluie peut s’abattre et créer des vagues sur la rivière. Si la vague te prend, tu vas te renverser et te noyer. Si les passagers ne savent pas nager, ils vont mourir », explique-t-il.
La traversée ne dure généralement pas plus de dix minutes. Lutondolanzambi Amisi possède, lui aussi, une pirogue, longue de cinq mètres et large de moins d’un mètre. Il embarque moins de dix personnes par traversée. Ce conducteur se souvient d’un incident qui aurait pu tourner au drame.
« Un jour, je provenais de Masangu. Il y a eu du vent près de l’île. J’avais un enfant qui devait subir une intervention chirurgicale et un accompagnateur. J’avais commis l’erreur, la pagaie était tombée dans l’eau, et moi aussi. La personne qui nous accompagnait avait sauté, l’enfant également. Grâce à Dieu, personne n’était mort », relate-t-il.
Face à cette situation qui perdure, la société civile locale plaide pour l’affectation d’un nouveau bac. Son président, Didier Mababeni, estime que celui qui est actuellement immobilisé ne peut plus garantir la sécurité des usagers.
« Le gouvernement a envoyé plusieurs agents de l’Office des routes. Mais il faut qu’il prenne les choses en main en changeant complètement de bac. Cette carcasse est restée immobilisée pendant longtemps et ne présente plus de sécurité pour la population », déclare Didier Mababeni, président de la société civile de Popokabaka.
Jonathan Mesa