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Marche de l'opposition, dialogue national : Christophe Lutundula défend le droit de manifester mais renvoie le débat constitutionnel au dialogue

Christophe Lutundula, VPM des affaires étrangères

Face à l'opposant Delly Sesanga, le sénateur Christophe Lutundula, président de la commission des Relations extérieures au Sénat et ancien ministre des Affaires étrangères, s'est longuement exprimé mardi 15 septembre sur la marche de la coalition C64 et sur les conditions d'un éventuel dialogue national, à l'occasion d'un Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala.

Un droit de manifester "incontestable"

Interrogé sur la légitimité de la mobilisation de l'opposition, le haut cadre de l'Union sacrée a d'emblée posé ce qu'il qualifie d'"évidences légales". S'appuyant sur la loi de décembre 2007 portant statut de l'opposition, prise en application de la Constitution, il a rappelé que ce texte reconnaît à l'opposition le droit de manifester, de s'exprimer et d'accéder à l'information sur la gestion du pays. "De ce point de vue-là, il n'y a pas à discuter", a-t-il tranché.

Le sénateur a toutefois nuancé son propos en soulignant que le véritable enjeu, tant du côté de l'opposition que du pouvoir, reste l'"observance des règles" dans l'exercice de ce droit. Il a confié n'avoir suivi que partiellement le déroulement de la marche, ayant aperçu les premiers rassemblements à Bandal avant de rejoindre la plénière d'ouverture de la session parlementaire, et n'avoir découvert l'ampleur des violences que plus tard, sur les réseaux sociaux.

"Que la justice soit saisie et qu'elle sévisse"

Reprenant les propos tenus par le ministre de la Justice lors d'une précédente manifestation, Christophe Lutundula a plaidé pour que toute violation flagrante de la loi, qu'elle soit le fait de l'opposition ou du pouvoir, soit portée devant l'autorité judiciaire. "Il faut que la justice soit régulièrement saisie et qu'elle sévisse", a-t-il insisté, se refusant à porter un jugement de condamnation politique sur les événements. S'adressant directement à Delly Sesanga, avocat de formation, il a estimé n'avoir "rien à [lui] apprendre" sur ce terrain, tout en reconnaissant que les prises de position de l'opposition relevaient de "bonne guerre" politique.

Le débat constitutionnel renvoyé au dialogue

Sur le fond des revendications de l'opposition, notamment la question du troisième mandat et d'un éventuel changement de Constitution, Christophe Lutundula a refusé de se poser en arbitre de ce que l'opposition peut ou ne peut pas revendiquer. "Ce n'est pas à moi, de la majorité, de dire à l'opposition : ici vous pouvez manifester, ici vous ne pouvez pas", a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que cette question "préoccupe tout le monde" dans une République démocratique.

Pour lui, cependant, le lieu approprié pour trancher ces sujets n'est pas la rue, mais le dialogue national convoqué par le chef de l'État. "On ne peut pas éviter cette question-là", a-t-il martelé, avant d'inviter, non sans ironie, ses "amis de l'opposition" à "préparer leurs cartouches", dans le sens d'arguments, pour ce rendez-vous. Il a par ailleurs salué "l'opposition non armée", qu'il juge "légale" et "républicaine", et appelé à une "décrispation" qu'il présente comme une responsabilité partagée entre pouvoir et opposition.

"Pas de cercle vicieux", assure Lutundula

Relancé sur la contradiction apparente de sa position l'opposition refusant de participer à un dialogue dont le format n'offre aucune garantie sur l'exclusion des sujets sensibles, le sénateur a fermement rejeté l'idée d'un "cercle vicieux" arrangeant la majorité. Il a plutôt suggéré que l'opposition avait "intérêt à réclamer, à ce stade, le droit de participer à la préparation du dialogue", insistant sur le fait que cette demande de dialogue émane à la fois de la communauté internationale et des forces politiques et sociales congolaises, opposition comprise. "On ne peut pas concevoir qu'on ne mette pas en place les mécanismes pour que chacun puisse avoir un espace d'expression", a-t-il conclu.


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