Après plusieurs tentatives sans succès, parfois interrompues à mi-chemin, le gouvernement de la République démocratique du Congo entend accélérer le processus d’identification de la population. Lors de la 98e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 11 septembre 2026 à la Cité de l’Union africaine, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a annoncé le lancement des opérations d’identification de masse par l’Office national d’identification de la population (ONIP) à la mi-décembre 2026.
Dans sa note d’information présentée au Conseil des ministres, renseigne le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement, le VPM de l’Intérieur a indiqué que plusieurs réunions préparatoires se tiennent régulièrement avec les différentes parties prenantes afin de permettre le lancement effectif de cette opération.
Cette nouvelle annonce est perçue comme une étape censée marquer une nouvelle phase dans le processus d’identification de la population congolaise, avec pour objectif de disposer d’un système d’identification plus structuré et fiable, conformément aux normes des États modernes.
« Le VPM, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières a également annoncé le lancement des opérations d’identification de masse par l’Office national d’identification de la population à la mi-décembre 2026 et que plusieurs réunions préparatoires se tiennent régulièrement avec les parties prenantes », rapporte le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement.
Selon Jacquemain Shabani, la réussite de cette opération dépend notamment de la capacité des différentes parties prenantes à assurer une bonne synchronisation entre les ressources financières mobilisées et les besoins opérationnels de l’ONIP. Il appelle, dans cette perspective, à accélérer les préparatifs afin de respecter le calendrier annoncé.
« La réussite de ce projet dépend de la synchronisation des financements entre les engagements envers le partenaire et les moyens opérationnels de l’ONIP. Tout devrait donc être mis en branle pour tenir le calendrier prévu », a insisté le VPM de l’Intérieur dans sa note d’information.
Cette nouvelle annonce du gouvernement de la République démocratique du Congo intervient quelques mois après la mise en place d’un nouveau comité de gestion à la tête de l’ONIP par le chef de l’État. En juin de l’année en cours Félix Tshisekedi avait nommé un nouveau comité de gestion à la tête de l'ONIP.
Ce comité est composé du président du Conseil d’administration (PCA), Aristide Bulakali ; du directeur général (DG), Marcellin Basengezi Mukolo ; de la directrice générale adjointe (DGA), Sumanza Koy ; et de la directrice générale adjointe chargée de l’Administration et des Finances, Eugénie Kibaliamuni.
Autre temps fort ayant précédé cette annonce : la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait procédé, jeudi 19 février 2026, à la remise officielle du fichier électoral des électeurs enrôlés au cours de l’année 2022 à l’ONIP. La cérémonie s’était tenue dans les installations du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, à Kinshasa.
Cette activité marquait une étape importante dans le processus de constitution du fichier général de la population et s’inscrivait dans la dynamique voulue par le gouvernement de la République, visant à mutualiser les données entre les deux institutions publiques. Le fichier électoral, constitué lors des dernières opérations d’enrôlement, doit servir de base technique pour appuyer l’identification systématique des citoyens congolais.
Promise depuis l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, la carte d’identité nationale tarde toujours à être délivrée, malgré plusieurs tentatives parfois interrompues à mi-chemin. Cette promesse du chef de l’État avait suscité un grand espoir au sein de la population, privée de ce document depuis plusieurs décennies.
Lors de la précédente tentative, la société Idemia avait obtenu le marché pour la fourniture des kits destinés à la délivrance des cartes d’identité. Ce contrat, d’un montant de 1,2 milliard de dollars, avait été conclu avec les entreprises Afritech et Idemia. Il avait toutefois été annulé après que l’Inspection générale des finances (IGF) eut jugé le marché surfacturé. Des enquêtes menées par ACTUALITÉ.CD, en partenariat avec Lighthouse Reports et Bloomberg, avaient confirmé ces soupçons
Clément MUAMBA