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Delly Sesanga assume son passé de "rebelle" et retourne l'accusation à la majorité

Delly Sessanga

Interpellé par Steve Mbikayi sur son passé de rebelle lors du Space live organisé mardi 15 septembre par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l'opposant Delly Sesanga, président du parti Envol, a longuement répondu à Christophe Lutundula, sénateur de la majorité, dans un échange tendu portant sur son parcours politique et les responsabilités de chacun dans l'histoire récente du pays.

"J'assume mon histoire"

D'entrée de jeu, Delly Sesanga a balayé avec ironie les attaques récurrentes sur son passé de rébellion armée. "J'ai fait la lutte armée contre un gouvernement qui était illégitime, et j'assume toujours ce choix, je le referais ", a-t-il déclaré, affirmant n'avoir "de comptes à rendre à personne" sur ce point. Il a comparé sa démarche à celle de Nelson Mandela, rappelant que l'ancien président sud-africain n'a jamais été qualifié de "rebelle" pour avoir pris les armes contre l'apartheid. "Face à un système d'injustice, on peut être amené à prendre les armes", a-t-il justifié, présentant sa lutte comme ayant contribué à doter le pays d'une nouvelle Constitution.

Une accusation "à géométrie variable"

L'opposant a ensuite dénoncé ce qu'il considère comme un traitement à deux vitesses, pointant plusieurs anciens chefs rebelles aujourd'hui intégrés au pouvoir sans que leur passé ne soit jamais questionné : Jean-Pierre Bemba, actuel vice-Premier ministre en charge des Transports, Émile Ngoy Kasongo, qu'il présente comme son ancien adjoint à l'Économie devenu ambassadeur en France, ou encore Lambert Mende. "Personne ne leur pose la question de leurs rébellions passées. Ce ressentiment devient un peu ridicule", a-t-il lancé.

Il est allé plus loin en visant directement Etienne Tshisekedi, rappelant que ce dernier s'est allié au RCD dans le cadre de la SDA (structure de dialogue de l'opposition à l'époque), allant jusqu'à passer en revue une troupe rebelle à Kigali. "C'est ce que vous reprochez à Kabila aujourd'hui, d'avoir été dans un territoire contrôlé par un mouvement rebelle. Personne ne le lui reproche à lui", a-t-il ironisé, qualifiant ce procès politique de "ridicule" et d'"attaques inutiles".

Sur les accusations de crimes : "Aucune preuve"

Répondant plus spécifiquement à une question sur d'éventuels crimes commis durant sa période rebelle, Delly Sesanga a catégoriquement rejeté toute responsabilité pénale. " Vous n'avez aucune preuve que moi, Delly Sesanga, j'aurais tué qui que ce soit ", a-t-il affirmé, avant de renvoyer à son interlocuteur qu'il n'était "ni procureur, ni juge". 

Il a repris à son compte un argument déjà avancé par Christophe Lutundula sur la nécessité de la justice, appelant à l'exploitation du rapport Mapping des Nations unies et à la mise en place d'un tribunal international sur le Congo, une idée régulièrement défendue par le prix Nobel de la paix Denis Mukwege. "Instituez une juridiction indépendante et impartiale, et vous verrez qu'il n'y a aucune responsabilité qui pèse sur moi", a-t-il conclu sur ce point, avant de préciser que "ça ne [lui] pose aucun problème".


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