La situation humanitaire demeure préoccupante dans le groupement Waloa Loanda, en territoire de Walikale, au Nord-Kivu. 17 755 ménages déplacés, ayant fui les affrontements entre l’AFC/M23 et les FARDC appuyées par les Wazalendo dans les territoires de Masisi (Nord-Kivu) et de Kalehe (Sud-Kivu), vivent dans des conditions particulièrement difficiles.
Ces familles sont arrivées dans le groupement Waloa Loanda au mois d’août 2026, à la suite des combats enregistrés notamment dans les groupements Ufamandu 1er et 2, en territoire de Masisi, ainsi que dans le groupement Ziralo, dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu.
Installés notamment à Biriko, Busurungi, Lukaraba, Manje, Myanga, Malembe et dans plusieurs autres villages, ces déplacés ont quitté leurs milieux d’origine dans la précipitation, abandonnant leurs biens et leurs moyens de subsistance. Depuis leur arrivée, ils font face à d’importants besoins en abris, vivres, articles ménagers essentiels, eau potable et soins de santé.
Le chef de groupement Waloa Loanda, Mwami Asili Mafuluko, indique que la prise en charge repose principalement sur la solidarité des familles d’accueil. Une solidarité qui, selon lui, atteint ses limites, les communautés locales étant elles-mêmes fragilisées par l’instabilité sécuritaire et les difficultés économiques.
"Ces déplacés vivent essentiellement grâce à la solidarité des familles qui les accueillent. Mais ces familles d’accueil sont elles aussi affectées par la situation. Nous avons donc besoin d’une assistance urgente pour répondre aux besoins des déplacés et de leurs familles d’accueil", plaide Mwami Asili Mafuluko.
La situation est également préoccupante dans le secteur de la santé. La zone de santé d’Itebero, qui couvre cette partie du territoire de Walikale, fait face à une rupture de médicaments dans plusieurs structures sanitaires. L’absence de partenaires humanitaires intervenant dans ce domaine complique davantage la prise en charge des patients, alors que l’arrivée massive des déplacés accroît la pression sur les services de santé existants.
Le médecin chef de zone de santé d’Itebero, Dr Alain Tubibu, appelle ainsi les organisations humanitaires à intervenir rapidement pour renforcer les capacités des formations sanitaires.
"Nos structures sanitaires n’arrivent plus à prendre correctement en charge les malades à cause de la rupture des médicaments. La zone de santé ne dispose actuellement pas de partenaires d’appui. Nous sollicitons donc les organisations humanitaires œuvrant dans le domaine de la santé pour qu’elles puissent nous accompagner en médicaments", souligne Dr Alain Tubibu.»
Face à l’ampleur des besoins, les autorités locales et sanitaires appellent à une intervention humanitaire urgente en faveur des 17 755 ménages déplacés ainsi que des familles qui les hébergent. L’objectif est notamment de leur garantir un accès aux besoins essentiels et d’éviter une aggravation de leur situation humanitaire.