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RDC : Dodo Kamba explique pourquoi la commission vérité de 2003 a échoué, et défend une « justice conditionnelle » distincte de la justice pénale

Dodo Kamba

Intervenant vendredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, l'Archevêque Dodo Kamba a détaillé la philosophie de son mécanisme de Vérité, Réconciliation et Cohésion nationale, la présentant comme une forme de « gestion conditionnelle » distincte de la justice pénale classique, dont la finalité serait la paix et la réconciliation plutôt que la sanction.

Cette approche viserait à identifier les profils capables de favoriser la cohésion nationale, tout en amenant certains acteurs à reconnaître leur responsabilité dans les troubles vécus par la population, une reconnaissance qui, selon lui, déterminerait ensuite qui pourrait légitimement participer au dialogue national à venir, sans pour autant, insiste-t-il, « bonifier » ceux qui ont causé du tort. Il a décrit ce mécanisme comme devant jouer un rôle de médiation et de « pré-dialogue », qu'il rattache à ce qu'il appelle sa « pédagogie pastorale ».

Revenant sur le précédent de la Commission Vérité et Réconciliation de 2003, il en a expliqué l'échec par un problème de séquençage : mise en place après le lancement du dialogue de l'époque, alors que les principaux acteurs mis en cause occupaient déjà des positions de pouvoir, cette commission n'aurait selon lui jamais pu mener ses enquêtes et audits en toute liberté. L'archevêque a évoqué, sans les détailler, des menaces qu'aurait proférées le responsable de l'époque, illustrant selon lui les pressions ayant pesé sur ce précédent processus, un contre-exemple qu'il dit vouloir éviter cette fois-ci en plaçant son mécanisme en amont, plutôt qu'en aval, de tout futur dialogue.


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