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Félix Tshisekedi: « Il n’existe aucune contradiction entre la recherche de la paix et le renforcement de nos capacités de défense » 

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Dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités dans l’Est de la République démocratique du Congo et par un statu quo dans les initiatives diplomatiques en cours en vue de résoudre la crise sécuritaire, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a réaffirmé le choix de la RDC en faveur du dialogue et de la diplomatie. Il a toutefois insisté sur la nécessité pour le pays de disposer d’un appareil d’État et d’un dispositif de défense suffisamment solides pour soutenir cette orientation.

Le président de la République a également consacré une large partie de son discours aux mutations de l’environnement sécuritaire international et aux nouvelles exigences auxquelles la République démocratique du Congo doit répondre en matière de défense, de sécurité et de stratégie. Ces questions ont été abordées jeudi 20 août 2026, au Palais du Peuple, lors de la cérémonie de clôture de l’année académique 2025-2026 et d’ouverture de la session 2026-2027 du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), qui marquait également les dix ans d’existence de cette institution. La cérémonie concernait également l’École Supérieure d’Administration Militaire (ESAM).

La cérémonie s’est déroulée en présence du président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et de son homologue burundais, Évariste Ndayishimiye. Les ministres de la Défense de la République du Congo et de la République centrafricaine étaient également présents pour représenter leurs chefs d’État respectifs.

« Nous faisons résolument le choix du dialogue et de la diplomatie. Mais une diplomatie crédible doit pouvoir s’appuyer sur un État fort, une défense organisée, des institutions respectées et une vision stratégique cohérente. Il n’existe, à cet égard, aucune contradiction entre la recherche de la paix et le renforcement de nos capacités de défense. La paix donne à la défense sa finalité, la défense donne à la paix sa garantie. Dans le même temps, la géographie de la menace s’est profondément élargie. La sécurité ne se joue plus seulement sur les champs de bataille, elle se joue désormais dans les cyberespaces, dans la maîtrise des données, dans les réseaux d’information, dans les chaînes d’approvisionnement et dans la protection des infrastructures critiques » a déclaré le chef de l’État Félix Tshisekedi

Dans son intervention, Félix Tshisekedi a également insisté sur l’évolution de la nature des menaces auxquelles les États sont désormais confrontés. Selon lui, les enjeux sécuritaires dépassent largement le cadre traditionnel des conflits armés.

Le chef de l’État a cité plusieurs facteurs qui bouleversent aujourd’hui les rapports de puissance, notamment la désinformation, les drones, l’intelligence artificielle, le terrorisme, le dérèglement climatique et la compétition autour des minerais stratégiques.

« La désinformation, les drones, l’intelligence artificielle, le terrorisme, le dérèglement climatique et la compétition autour des minerais stratégiques bouleversent désormais les rapports de puissance. Aujourd’hui, un port, un corridor logistique, une mine, une banque de données ou un réseau de télécommunications peuvent constituer des enjeux de souveraineté aussi déterminants qu’une frontière terrestre » a-t-il fait remarquer dans son discours.

Et de poursuivre :

« De cette mutation découle une exigence. Notre doctrine de défense doit être globale. Elle doit mettre en cohérence les forces armées, la diplomatie, le renseignement, l’économie, la recherche scientifique, la justice, la communication stratégique et l’aménagement du territoire. Le CHESD doit précisément être le lieu où ces savoirs se rencontrent, où les menaces sont anticipées et où la réflexion se transforme en option stratégique au service de la décision publique. Cette ambition dépasse les seules frontières nationales. »

Par ailleurs, Félix Tshisekedi a rappelé que, depuis le 1er janvier 2026, la République démocratique du Congo siège au Conseil de sécurité des Nations Unies pour le mandat 2026-2027 et qu’elle en a assumé la présidence au mois de juillet dernier.

Selon le chef de l’État, cette présence constitue certes une tribune, mais elle représente surtout un devoir. Elle oblige la RDC à porter avec autorité la voix de l’Afrique, à défendre la protection des populations civiles, le respect de la Charte des Nations Unies et le renforcement d’une sécurité collective plus juste, plus cohérente et plus efficace.

« Pour être à la hauteur de cette responsabilité, notre diplomatie et notre défense ont besoin d’une pensée stratégique congolaise exigeante, d’une mémoire institutionnelle solide, d’une capacité permanente d’anticipation et de cadres capables d’articuler l’intérêt national avec les impératifs de la coopération régionale et multilatérale. C’est à ce niveau d’exigence que le CHESD est désormais appelé à se hisser. C’est là qu’il doit prendre toute sa place » a fait savoir Félix Tshisekedi.

Le président de la République a par ailleurs évoqué le 9e colloque international jubilaire organisé en juillet dernier, dont les réflexions doivent, selon lui, contribuer à définir les orientations futures du secteur de la défense et de la souveraineté.

« Le 9e colloque international jubilaire tenu en juillet dernier nous a appelés à capitaliser les acquis, éclairer les recompositions et projeter la défense et la souveraineté de demain. Cette ambition, je la fais pleinement mienne. Elle doit désormais quitter le registre de l’intention pour entrer résolument dans celui de l’action. La feuille de route 2026-2036 doit devenir à la fois notre boussole stratégique et notre contrat de performance : une mission clairement assumée, des responsabilités précisément établies, des objectifs mesurables et des résultats régulièrement évalués » a souligné Félix Tshisekedi

Cette activité intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant pour la République démocratique du Congo, marqué par la persistance des violences armées dans sa partie orientale et par l’évolution des formes de conflictualité sur le continent africain. La situation est notamment caractérisée par la poursuite des offensives du M23, soutenu par le Rwanda selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux, ainsi que par l’occupation de vastes zones dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette situation met davantage en évidence la nécessité, pour la RDC, de renforcer ses capacités de défense, de renseignement, d’anticipation et de réponse aux nouvelles formes de menaces, dans un environnement régional marqué par des enjeux géopolitiques et sécuritaires complexes.

Cette dynamique intervient également dans un contexte où les différentes initiatives diplomatiques et médiations engagées en vue de parvenir à une désescalade et à une solution durable à la crise dans l’Est du pays peinent encore à produire des résultats tangibles sur le terrain. D’où l’importance accordée à la formation des cadres militaires et civils en matière de stratégie, de défense et de sécurité, notamment à travers le Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD), appelé à contribuer à la réflexion stratégique et à l’anticipation des défis sécuritaires auxquels la RDC et le continent africain sont confrontés.

Cette activité intervient alors que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) poursuivent un processus de réforme visant à renforcer leurs capacités opérationnelles, leur professionnalisation et leur modernisation, afin de disposer d’une armée capable de défendre efficacement l’intégrité territoriale et les intérêts nationaux.

Clément MUAMBA

 


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