Le débat sur un éventuel dialogue national en République démocratique du Congo s’est invité, ce jeudi à Kinshasa, dans les échanges entre le député national Joseph Nkoy Wembo, rapporteur adjoint de la commission Défense et Sécurité, et un échantillon de la jeunesse congolaise.
Organisée autour du thème « Une jeunesse congolaise unie, engagée et pleinement mobilisée pour la défense de la patrie », la rencontre a permis à l’élu de préciser sa position sur l’opportunité d’un éventuel dialogue, dans un contexte marqué par la persistance des tensions sécuritaires dans l’est du pays.
« Dialogue oui, mais un dialogue différent »
Joseph Nkoy Wembo s’est prononcé en faveur du dialogue comme moyen de rechercher la paix et la réconciliation, tout en estimant qu’une nouvelle initiative ne devrait pas reproduire les expériences précédentes.
« Dialogue oui, mais avons-nous besoin d’un dialogue de plus ou d’un dialogue différent ? », s’est-il interrogé.
Le député rappelle que la RDC a déjà connu plusieurs assises, concertations, consultations et dialogues. Pour lui, l’enjeu n’est donc pas seulement de réunir les différentes parties prenantes, mais de définir clairement la finalité et les résultats attendus d’un éventuel processus.
« Si nous devons dialoguer, il faut que ce dialogue serve véritablement la République », a-t-il déclaré.
Selon lui, une nouvelle concertation ne devrait pas se limiter à des déclarations ou à l’adoption de résolutions sans effets concrets.
Pas de banalisation de la violence
L’élu a également insisté sur la nécessité de dissocier la recherche de la paix de toute forme de récompense de la violence.
« Nous pouvons dialoguer, nous pouvons négocier, nous pouvons rechercher inlassablement la réconciliation. Mais nous ne devons jamais banaliser la violence comme moyen d’accéder au pouvoir ou de régler nos différends politiques. », a-t-il lâché.
Pour Joseph Nkoy Wembo, un éventuel dialogue doit donc préserver le principe selon lequel la violence ne peut constituer un moyen de conquête ou de règlement des différends politiques.
La jeunesse revendique une place à la table du dialogue
Joseph Nkoy Wembo a invité les jeunes à réfléchir à leur rôle dans un éventuel processus politique et à ne pas laisser les générations précédentes décider seules de leur avenir.
« Si dialogue il y a, quelle est notre place, qu’allons-nous y apporter ? »
Le député a appelé les jeunes à dépasser la simple attente ou la dénonciation pour formuler des propositions et participer activement à la recherche de solutions durables.
Une position soutenue par Gédéon Lusakweno, président de la coordination estudiantine de l’Université des sciences de l’information et de la communication (UNISIC). Il a plaidé pour que les Congolais puissent se retrouver autour d’une même table afin de réfléchir au développement du pays.
Il a toutefois estimé que la participation à un éventuel dialogue devrait privilégier les acteurs capables de porter des propositions concrètes et attachés à l’intérêt de la République.
« La jeunesse doit être au dialogue, car nous représentons plus de 60 % de la population de la RDC, un dialogue sans les jeunes est un échec », a-t-il déclaré.
La santé mentale parmi les préoccupations de la jeunesse
Les échanges ont également porté sur les préoccupations sociales auxquelles la jeunesse congolaise est confrontée.
Christine Ampove, parlementaire de la jeunesse de Kinshasa et étudiante en psychologie, a plaidé pour une meilleure prise en compte de la santé mentale dans les politiques publiques.
Elle a notamment proposé l’institutionnalisation de cette question, estimant que la détresse mentale des Congolais constitue un enjeu nécessitant une réponse structurée de la part de l’État.
Le « Camp de la Patrie » comme cadre de mobilisation
Joseph Nkoy Wembo a par ailleurs inscrit son intervention dans la dynamique du « Camp de la Patrie », présenté comme un cadre de mobilisation de la jeunesse autour de la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale.
Il a appelé les jeunes à dépasser les clivages politiques et à privilégier ce qui rassemble les Congolais face aux menaces qui pèsent sur le pays.
César Olombo