Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, a réceptionné, vendredi 21 août 2026 dans la soirée, à l’aéroport international de N’djili, un premier lot de 16 520 doses du vaccin Ervebo, destiné à renforcer la riposte de la République démocratique du Congo contre l’épidémie de maladie à virus Ebola.
Selon les autorités sanitaires, ces doses sont financées par Gavi, l’Alliance du Vaccin. Elles font partie d’un lot de 50 120 doses attendues entre le 21 et le 24 août 2026. Les vaccins, fabriqués en Allemagne par MSD, ont transité par la Suisse, le Luxembourg et la Belgique avant leur arrivée à Kinshasa. Cette livraison intervient alors que la RDC fait face à une épidémie provoquée par le virus Ebola de l’espèce Bundibugyo, déclarée depuis mai 2026. Le ministère de la Santé indique que l’épidémie demeure active dans plusieurs provinces du pays.
S’exprimant devant la presse après la réception des vaccins, le ministre Samuel Roger Kamba a rappelé la gravité de la situation épidémiologique.
« Vous savez que la RDC fait face à une épidémie d’Ebola qui est très sérieuse, une épidémie qui a déjà fauché des centaines et des centaines de nos compatriotes. On a déjà plus de 2 300 personnes décédées et une épidémie qui a déjà fait plus de 5 000 personnes touchées. Et on s’est rendu compte, effectivement, que les seules mesures de santé publique devraient être accompagnées d’autres mesures, notamment les mesures médicales », a déclaré Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale.
Pour le ministre Samuel Roger Kamba, les mesures classiques de santé publique doivent désormais être renforcées par des interventions médicales, notamment la vaccination et la prise en charge des malades. Il a précisé que la planification nationale prévoit une phase de recherche et une phase compassionnelle.
L’Organisation mondiale de la Santé et ses partenaires ont ainsi annoncé l’allocation de 70 000 doses à la RDC à partir du stock mondial de vaccins contre Ebola. Sur cette allocation, 20 000 doses doivent servir à un essai clinique de phase 3 destiné à évaluer l’impact du vaccin contre le virus Bundibugyo, tandis que 50 000 doses sont destinées aux travailleurs de première ligne et aux agents de santé.
« Et donc, nous avons, dans notre planification, décidé, avec l’avis des scientifiques, d’utiliser le vaccin Ervebo, le vaccin que nous connaissons tous, qui a déjà été utilisé plusieurs fois, notamment de manière très importante pendant l’épidémie de 2018 à 2020. Nous avons effectivement, après avoir écouté tous les scientifiques, décidé d’utiliser ce vaccin en sachant qu’il va y avoir deux phases : une phase de recherche et une phase compassionnelle. La phase de recherche, c’est 20 000 doses, et la phase compassionnelle, c’est 50 000 doses. Donc, nous avons pu obtenir ce vaccin grâce notamment à tous les partenaires qui interviennent dans la vaccination, dont Gavi, pour pouvoir utiliser ce vaccin », a expliqué le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba.
Par ailleurs, pour le gouvernement congolais, l’arrivée de ces premières doses constitue un renfort important à la stratégie de riposte, qui combine vaccination, surveillance épidémiologique, prise en charge des patients et recherche. Samuel Roger Kamba insiste toutefois sur le fait que la vaccination ne constitue qu’un volet de la réponse.
« Là, nous recevons aujourd’hui le premier lot de plus de 16 000 doses, en sachant que nous avions déjà 2 000 doses qui sont déjà parties à la Tshopo. Là, nous réceptionnons 16 000 doses pour un total de plus de 400 000 doses que nous avons demandées. Et donc, nous remercions tous les partenaires qui nous ont aidés à obtenir ces doses de vaccins et nous allons effectivement renforcer le dispositif de riposte avec ces vaccins. Mais nous savons que, dans le dispositif de riposte, nous travaillons aussi sur le traitement, et ces recherches vont nous aider à protéger nos populations », a-t-il affirmé.
Cette décision intervient dans un contexte de forte propagation de l’épidémie en République démocratique du Congo. La maladie s’est étendue à plus de 50 zones de santé réparties dans six provinces, à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Bas-Uélé. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère désormais cette flambée comme la plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée dans le pays. La situation est d’autant plus préoccupante que la transmission reste active dans plusieurs foyers géographiques liés entre eux, alors que les mouvements de populations, l’insécurité et les difficultés d’accès aux soins compliquent davantage la riposte.
Face à cette situation, le groupe technique de l’OMS chargé des vaccins candidats avait recommandé, le 7 août 2026, de privilégier le vaccin Ervebo dans le cadre d’une étude clinique de phase 3 en RDC. Cette orientation s’explique notamment par l’absence, à ce stade, d’un vaccin spécifique contre le virus Bundibugyo suffisamment avancé pour faire l’objet d’une évaluation clinique.
Le recours à Ervebo ne signifie donc pas que son efficacité contre le virus Bundibugyo est d’ores et déjà établie. L’objectif est plutôt de générer rapidement des données scientifiques dans le contexte particulier de cette urgence sanitaire, tout en s’appuyant sur un vaccin déjà autorisé et utilisé contre une autre espèce du virus Ebola.
Clément MUAMBA