Le Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD) a célébré, ce jeudi 20 août 2026 au Palais du Peuple à Kinshasa, son 10ᵉ anniversaire, à l’occasion de la clôture de l’année académique 2025-2026 et de l’ouverture de l’année académique 2026-2027 du CHESD et de l’École Supérieure d’Administration Militaire (ESAM). Une cérémonie solennelle placée sous le signe de la réflexion stratégique et du renforcement des capacités nationales en matière de sécurité et de défense.
La cérémonie a réuni plusieurs hautes personnalités congolaises et africaines, parmi lesquelles le président de la République du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, parrain de cette édition. Étaient également présents le ministre de la Défense représentant le président centrafricain Archange Félix Touadéra, le représentant du président congolais Denis Sassou Nguesso, le président de l’Assemblée nationale, le ministre de la Défense nationale et Anciens Combattants de la RDC, ainsi que plusieurs membres du gouvernement.
Des ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques, des officiers des Forces armées de la RDC et de la Police nationale congolaise, des universitaires, le directeur général du CHESD, des auditeurs, anciens auditeurs et lauréats ont également pris part à cette célébration.
Dix ans au service de la pensée stratégique
Prenant la parole à cette occasion, le président Félix-Antoine Tshisekedi a salué le chemin parcouru par le CHESD depuis sa création, le 5 janvier 2016.
Le chef de l'État a rappelé que l'institution est née d'une ambition claire : doter la République démocratique du Congo d'un espace d'excellence consacré à la réflexion sur la sécurité nationale, à la préparation de la décision stratégique et à la formation des femmes et des hommes appelés à servir l'État au plus haut niveau.
Dix ans plus tard, cette ambition s'est transformée, selon lui, en une véritable institution de référence.
« 10 années de réflexion, de formation et de dialogue civilo-militaire ont progressivement fait du CHESD le principal creuset national d'une pensée stratégique congolaise ouverte sur l'Afrique et résolument tournée vers l'avenir », a déclaré Félix Tshisekedi.
Pour le président de la République, la particularité du CHESD réside également dans sa capacité à réunir des profils différents autour des questions de sécurité et de défense. Officiers, hauts fonctionnaires, diplomates, universitaires, chercheurs et responsables venus de plusieurs pays africains y confrontent leurs expériences et leurs analyses.
Une école au cœur des enjeux sécuritaires
Au-delà de sa mission académique, le CHESD apparaît ainsi comme un instrument important pour la consolidation de la sécurité nationale. Dans un environnement régional marqué par des défis sécuritaires complexes, la capacité d'un État à anticiper les menaces, à analyser les rapports de force et à élaborer ses propres stratégies constitue un enjeu majeur de souveraineté.
Félix Tshisekedi a particulièrement insisté sur cette dimension stratégique de l'institution.
« Le CHESD est bien au-delà une institution de formation. Il est une école du discernement, de l'anticipation et de la responsabilité, un lieu où la République apprend à réfléchir juste », a-t-il souligné.
Cette mission prend une importance particulière pour la RDC, confrontée à des problématiques sécuritaires multiples nécessitant une approche globale associant défense, diplomatie, administration, renseignement, économie et gouvernance.
La formation de cadres capables de comprendre ces différentes dimensions permet notamment de renforcer la qualité de la décision publique et de développer une vision congolaise des intérêts stratégiques du pays.
« La souveraineté commence par l'esprit »
Dans son intervention, le président Tshisekedi a également établi un lien direct entre la pensée stratégique et la souveraineté nationale.
« Lorsqu'une nation renonce à penser elle-même sa sécurité, d'autres finissent toujours à la penser à sa place selon leurs intérêts, leurs priorités et leurs stratégies », a-t-il averti.
Pour le chef de l'État, la souveraineté ne repose donc pas uniquement sur les capacités militaires ou matérielles. Elle commence également par la maîtrise intellectuelle des enjeux auxquels le pays est confronté.
« La souveraineté commence par l'esprit, par la capacité à comprendre les menaces, à définir nos intérêts vitaux, et de choisir en toute indépendance les moyens de les défendre », a-t-il ajouté.
Cette vision confère au CHESD une responsabilité particulière dans la construction d'une expertise congolaise en matière de défense et de sécurité.
Une vocation nationale et régionale
À travers ses dix années d'existence, le CHESD s'est également inscrit dans une dynamique de coopération avec les pays africains. La présence de plusieurs personnalités et responsables venus du continent lors de cette cérémonie témoigne de cette vocation régionale.
L'institution entend ainsi contribuer à l'émergence d'une pensée stratégique africaine fondée sur le partage d'expériences, la compréhension commune des menaces et la recherche de réponses adaptées aux réalités du continent.
La clôture de l'année académique 2025-2026 et l'ouverture de l'année 2026-2027 marquent, dans cette perspective, une nouvelle étape pour le CHESD et l'ESAM. Elles consacrent à la fois les résultats d'une année de formation et la poursuite d'une mission devenue essentielle : préparer des cadres capables de participer à la conception et à la mise en œuvre des politiques de sécurité, de défense et d'administration militaire.
En célébrant ses dix ans, le CHESD entend donc regarder vers l'avenir. Pour la RDC, l'enjeu est désormais de consolider cette école de pensée stratégique afin qu'elle contribue davantage à la prévention des crises, à l'anticipation des menaces et à la défense des intérêts vitaux du pays.
Dans un contexte où la sécurité nationale constitue l'un des principaux défis de l'État congolais, investir dans la formation, l'analyse et l'anticipation apparaît ainsi comme un autre front de la défense de la République.
José Mukendi