Ebola : l’Ouganda annonce officiellement la fermeture temporaire de sa frontière avec la RDC

Un centre de traitement d'Ebola à à Butembo en 2021/Ph ACTUALITE.CD

Avec un total de sept cas confirmés, dont un décès, le gouvernement ougandais, à l’instar du gouvernement rwandais, a décidé de fermer temporairement, avec effet immédiat, sa frontière avec la République démocratique du Congo. Cette décision est justifiée par l’escalade continue de l’épidémie d’Ebola en RDC et les difficultés liées aux déplacements transfrontaliers entre les deux pays, qui augmentent le risque de propagation de la maladie en Ouganda.

L’annonce a été faite à l’issue de la réunion du Groupe de travail national sur la riposte à Ebola, présidé par le vice-président de l’Ouganda. Selon le communiqué du ministère de la Santé ougandais, parvenu ce mercredi 27 mai 2026 à la rédaction de ACTUALITE.CD, seules les équipes d’intervention contre Ebola, les opérations humanitaires, le transport de denrées alimentaires et de marchandises, ainsi que les missions de sécurité sont autorisés à franchir la frontière, dans le respect de protocoles stricts de contrôle et de surveillance sanitaires.

« L'Autorité de l'immigration est chargée d'autoriser uniquement les équipes d'intervention Ebola autorisées, les opérations humanitaires, le transport de denrées alimentaires et de marchandises, ainsi que le personnel de sécurité essentiel se déplaçant entre l'Ouganda et la RDC. Tous les voyageurs autorisés seront soumis à un contrôle sanitaire strict, au remplissage de formulaires de localisation, à la présentation de documents et à une surveillance continue à tous les points d'entrée, conformément aux protocoles de surveillance du ministère de la Santé », lit-on dans le communiqué.

Pour le gouvernement ougandais, via son ministère de la Santé, toute personne revenant de la République démocratique du Congo en Ouganda doit se soumettre à un auto-isolement obligatoire de vingt et un (21) jours, sous la supervision du ministère de la Santé et des équipes de surveillance de district.

D’après le même document, les écoles des districts frontaliers resteront ouvertes. Elles devront toutefois respecter scrupuleusement toutes les procédures opérationnelles standard (POS) du ministère de la Santé.

« Les autorités scolaires sont chargées d'identifier tous les élèves récemment rentrés de la RDC et de veiller à ce que leur température soit contrôlée et enregistrée quotidiennement pendant vingt et un (21) jours. Les districts situés le long de la frontière entre l'Ouganda et la RDC devront désigner au moins un établissement de santé pour accueillir et surveiller tout élève présentant des symptômes tels que de la fièvre pendant la période d'observation, en attendant une évaluation plus approfondie », ajoute le communiqué du ministère Ougandais de la Santé.

Par ailleurs, le ministère de la Santé de l’Ouganda insiste sur le respect strict de ces mesures, tout en invitant les médias à consacrer du temps dans leurs programmes à la sensibilisation de la population contre cette épidémie.

« Tous les RDC/RCC sont chargés de veiller strictement à la mise en œuvre et au respect de toutes les directives de prévention et de contrôle d'Ebola émises par le ministère de la Santé et le NTF. Tous les médias sont tenus de consacrer quotidiennement au moins trente (30) minutes de leur programmation aux heures de grande écoute à l'éducation et à la sensibilisation du public sur la prévention, la détection et le signalement d'Ebola », recommande le ministère.

En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

Les conflits, les importants mouvements de population ainsi que la faiblesse du contrôle gouvernemental rendent difficiles le traçage des contacts et les efforts de riposte, tout en augmentant le risque de propagation à d’autres régions du pays et aux pays voisins. La grave situation humanitaire dans la région, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de population et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.

Clément MUAMBA