Le gouvernement de la République démocratique du Congo poursuit ses efforts pour concrétiser le projet stratégique du Corridor de Lobito. Lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, il a approuvé un partenariat public-privé (PPP) avec Mota-Engil S.A. pour la réhabilitation de la ligne ferroviaire reliant Dilolo, Kolwezi, Lubumbashi et Sakania.
À travers ce projet, l'exécutif congolais entend moderniser les infrastructures de transport, fluidifier les échanges commerciaux et renforcer la compétitivité du secteur minier, principal moteur de l'économie nationale. La réhabilitation de cette ligne ferroviaire est également perçue comme un levier essentiel pour améliorer l'évacuation des minerais vers les marchés internationaux via le port de Lobito, en Angola.
Cette avancée majeure a été favorablement accueillie par les États-Unis, qui ont conclu avec la RDC le 4 décembre 2025, un accord de partenariat stratégique portant sur les minerais critiques, avec pour objectif de renforcer la coopération économique et de structurer les chaînes de valeur minières.
Le Bureau des affaires africaines du Département d'État américain a, dans un message sur X, salué ce mercredi 15 juillet 2026, l'approbation de l'accord de concession par le gouvernement congolais, la qualifiant d'étape majeure dans la mise en œuvre du partenariat stratégique entre les deux pays.
« Dans le cadre de l'Accord de partenariat stratégique (APS) entre les États-Unis et la RDC, ces deux pays œuvrent à la réalisation d'objectifs communs visant à faciliter l'accroissement des investissements américains et des investissements alignés sur les États-Unis, à diversifier le secteur minier congolais et à promouvoir des flux de minéraux critiques sûrs, fiables et mutuellement avantageux », a écrit le Bureau des affaires africaines du Département d'État américain.
L'administration américaine souligne que « l'approbation, le 10 juillet, par le Conseil des ministres de la RDC, de l'accord de concession pour la partie congolaise du Corridor de Lobito, confié à Mota-Engil et soutenu par la Société américaine de financement du développement international (DFC), constitue une étape clé de l'Accord de partenariat stratégique et témoigne de l'engagement continu de la RDC envers ce partenariat ».
Selon Washington, le Corridor de Lobito devrait renforcer la connectivité régionale, attirer davantage d'investissements, créer des emplois et stimuler les échanges commerciaux entre la RDC et la façade atlantique. Les États-Unis disent espérer une signature définitive et une mise en œuvre rapide du projet.
« Le Corridor de Lobito renforcera la connectivité régionale, stimulera les investissements, créera des emplois et favorisera les échanges commerciaux entre la RDC et l'océan Atlantique, au bénéfice de toute l'Afrique centrale. Nous espérons que la cérémonie de signature finale sera organisée dans les meilleurs délais afin que la mise en œuvre puisse débuter, que le soutien de la DFC soit finalisé et que les retombées de ce projet transformateur puissent se concrétiser » a déclaré le Bureau des affaires africaines du Département d'État américain.
Cette validation du partenariat public-privé intervient dans le prolongement des engagements pris en marge de l'officialisation de l'Accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Un tournant majeur avait été franchi le 4 décembre 2025 dans les relations bilatérales entre Kinshasa et Washington. Sous la conduite du président Félix-Antoine Tshisekedi, la RDC, représentée par le vice-Premier ministre et ministre de l'Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, ainsi que par la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait signé une série d'accords structurants avec les États-Unis, dont un Accord économique stratégique et un mémorandum d'entente sécuritaire, consacrant un approfondissement sans précédent du partenariat entre les deux nations.
Signé dans un contexte mondial marqué par la sécurisation des chaînes d'approvisionnement en minerais critiques, l'Accord stratégique RDC–États-Unis instaure un partenariat à long terme reposant sur trois piliers majeurs. Le premier concerne la sécurité des minerais stratégiques et la création d'une réserve d'actifs stratégiques, le Strategic Asset Reserve (SAR). L'accord prévoit un cadre transparent pour la gestion des ressources minières du pays et offre aux investisseurs américains un droit de premier regard sur les projets intégrés à cette réserve. Il garantit également aux États-Unis un accès sécurisé à des minerais essentiels tels que le cobalt, le cuivre et le germanium.
Par ailleurs, la mise en place d'une Strategic Minerals Reserve (SMR) vise à stabiliser les marchés, à encourager la transformation locale des minerais et à contribuer au développement économique durable de la République démocratique du Congo. Les États-Unis s'engagent également à soutenir la modernisation du corridor Sakania-Lobito, le développement du Grand Inga, l'industrialisation des zones minières ainsi que la création de nouveaux corridors d'exportation.
L'accord Washington et Kinshasa prévoit en outre une réforme approfondie du cadre fiscal et administratif afin de sécuriser les investissements, la mise en place d'un guichet unique pour les opérateurs économiques, la lutte contre l'exploitation illicite des minerais et la formalisation du secteur minier artisanal
Clément MUAMBA