La riposte contre la maladie à virus Ebola a de nouveau été secouée ce mercredi à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri. Des agents engagés dans la lutte contre l'épidémie ont manifesté une fois de plus leur colère pour réclamer le paiement de leurs primes de risque, dénonçant plusieurs semaines d'arriérés. Malgré la présence des forces de l'ordre, les manifestants ont poursuivi leur mouvement.
Munis de sifflets, de banderoles et scandant des slogans, des hygiénistes, agents de surveillance, sensibilisateurs et autres intervenants de la riposte se sont rassemblés devant le Centre de traitement Ebola (CTE) de Bunia avant de manifester pour dénoncer leurs conditions de travail.
Les manifestants affirment travailler depuis plusieurs semaines sans percevoir leurs primes, alors qu'ils sont quotidiennement exposés au virus dans le cadre de la prise en charge des malades, de la surveillance épidémiologique et des enterrements dignes et sécurisés.
« Nous risquons nos vies chaque jour pour sauver la population, mais nous sommes abandonnés. Nous travaillons sans être payés pendant que nos familles souffrent. Nous demandons simplement que nos droits soient respectés », ont déclaré plusieurs manifestants.
Malgré le dispositif de sécurité déployé autour du rassemblement, les agents ont maintenu leur mouvement de protestation, estimant ne plus pouvoir poursuivre leurs activités dans les conditions actuelles.
Cette nouvelle manifestation intervient après plusieurs autres mouvements de grogne enregistrés ces derniers jours au sein de la riposte, notamment à l'hôpital général de référence de Bunia et à l'hôpital général de Rwampara, où les prestataires réclament également le paiement de leurs primes.
Cette succession de revendications intervient alors que l'Ituri reste l'épicentre de la 17ᵉ épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo qui, à ce jour, a déjà fait 753 décès confirmés, selon les chiffres officiels du ministère de la Santé. L’épidémie touche désormais cinq provinces à savoir, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uele.
Les perturbations répétées des activités de riposte suscitent des inquiétudes quant à leur impact sur la surveillance, la prise en charge des malades et les autres interventions essentielles destinées à contenir la propagation du virus.
Freddy Upar, à Bunia