Ituri : le PAM distribue des vivres à 7525 ménages à Mongbwalu pour réduire les risques de propagation de l'épidémie d’Ebola

Distribution des vivres par le PAM à Mongbwalu
Distribution des vivres par le PAM à Mongbwalu

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé, mardi 14 juillet, une opération de distribution de vivres en faveur de 7 525 ménages dans la commune rurale de Mongbwalu, dans le territoire de Djugu (Ituri). Au-delà de l'assistance alimentaire, cette intervention poursuit un objectif sanitaire précis : réduire les déplacements des populations afin de limiter les risques de propagation de la maladie à virus Ebola.

Cette distribution intervient alors que Mongbwalu reste l'un des principaux foyers de la 17ᵉ épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo. La zone est également classée en phase IPC 3+, niveau qui traduit une situation de crise en matière de sécurité alimentaire.

Selon Tourne Kasereka, Monitoring assistant au sous-bureau de Bunia du PAM, cette assistance permettra aux ménages de couvrir leurs besoins alimentaires pendant 30 jours et d'éviter les déplacements fréquents à la recherche de moyens de subsistance.

« L'objectif c'est d'essayer de limiter le mouvement de la population à la recherche de moyens de subsistance. C'est ainsi que le Programme alimentaire mondial a donné cette ration pour essayer un peu de réglementer le mouvement de la population. C'est une ration de 30 jours que le Programme alimentaire mondial est en train de donner à la communauté de Mongbwalu. Du fait que nous leur garantissons une ration alimentaire, cela va limiter les mouvements et, par conséquent, réduire les possibilités d'entrer en contact avec les personnes infectées ou avec le virus », explique-t-il.

L'aide est accueillie avec soulagement par plusieurs bénéficiaires, qui estiment qu'elle leur permettra de traverser cette période marquée par l'épidémie sans s'exposer davantage aux risques de contamination.

« Nous avons perdu beaucoup de personnes qui nous soutenaient et se battaient pour nous trouver de quoi vivre. Cette nourriture qu'on nous donne nous soutient après toutes les épreuves subies. Elle nous aide à nourrir nos enfants et nous libère de la peur de retourner travailler. Grâce à ce que le PAM et ses partenaires nous apportent, nos enfants mangent enfin à leur faim et nous, les adultes, nous reprenons des forces pour retourner au travail », témoigne Daniela Likucha Lifayefi, 24 ans, vendeuse de braise et bénéficiaire à Mongbwalu.

Afin d'éviter les attroupements, la distribution est organisée de manière progressive. Un premier groupe de 1 000 ménages a été servi, tandis que les autres bénéficiaires seront pris en charge par vagues successives.

Chaque ménage reçoit une ration calculée sur la base des besoins nutritionnels établis par les équipes techniques du PAM.

« La ration est composée de riz, de haricots, d'huile et de sel. Nous donnons par ménage 72 kg de riz, 21,6 kg de haricots, 5,4 litres d'huile et 0,9 kg de sel. Cette assistance a été définie à partir des évaluations réalisées par notre unité de recherche, d'évaluation et de suivi, et elle correspond aux habitudes alimentaires des populations de Mongbwalu », précise Tourne Kasereka.

Les bénéficiaires ont été identifiés à l'issue d'une enquête menée par les équipes du PAM. Selon l'organisation, l'ensemble des ménages de Mongbwalu sont considérés comme vivant dans une zone à haut risque en raison de la circulation active du virus Ebola.

Le PAM indique enfin que cette assistance pourrait être reconduite le mois prochain, sous réserve de la disponibilité des ressources nécessaires à la poursuite de cette opération.

Freddy Upar, à Bunia