Les chauffeurs empruntant régulièrement l'axe Nia-Nia-Kisangani ont constaté, depuis quelques semaines, une baisse significative du nombre de passagers quittant la Tshopo pour l'Ituri, selon de nombreux d'entre eux contactés par ACTUAITE.CD.
Nia-Nia, 51 ou Badengaido ont disparu sur les tableaux des destinations du parking situé au Depot Makayabu. Ces villages précités sont localisés dans la zone de santé de Nia-Nia, touchée déjà par l'épidémie d'Ebola. Richard Tshimanga s'apprête à quitter Kisangani pour 51, mais il n'a que des colis à embarquer. C'est « par chance » qu'il a quatre passagers lorsqu'il voyage vers les villages.
« Depuis qu'Ebola a commencé, nous ne voyageons plus. Les gens ne voyagent plus. Bien avant, j'embarquais 12 personnes mais c'est devenu impossible. Nous ne prenons que des colis, avec trois ou quatre personnes », témoigne-t-il alors qu'il prépare son départ après six jours au parking.
À 3 mètres de Land cruiser 4x4 de Richard Tshimanga, c'est Sefu Abibu qui répare son véhicule de marque Fuso. Il est arrivé à Kisangani le 30 juin en provenance de Nia-Nia. Depuis, il n'a toujours pas eu de colis. En provenance de Kisangani, les voyageurs et les colis ne sont plus abondants.
« Nos salaires ne sont pas suffisants. Quand nous mettons des passagers au-dessus des colis, ça nous permet de laisser de l’argent à la famille. Mais quand nous voyageons sans les passagers, toute la recette revient au patron. Les chauffeurs, nous ne bénéficions de rien », dit-il.
Même les taxis-motos ne sont pas épargnés par la situation. En quittant l'Ituri, il est désormais interdit de transporter au-delà de deux clients. Ceux qui fréquentent Nia-Nia ou 51 perdent désormais plus de 100 000 FC par course, selon leurs témoignages.
Kisangani, capitale de la Tshopo, est en liaison permanente avec l'Ituri suite aux échanges commerciaux. Des commerçants, avant d'atteindre les provinces de l'ouest, observent leurs escales à Kisangani. La ville a déjà identifié quatre cas confirmés Ebola qui sont des cas importés. Il s'agit des individus déjà affectés venus de Nia-Nia. La riposte s'organise, notamment avec le passage du Ministre de la santé dimanche dernier à Kisangani.
La province de l’Ituri est l’épicentre de la 17e épidémie d’Ebola qui a déjà fait à ce jour 753 décès confirmés.
Gaston MUKENDI, à Kisangani