En réaction à la conférence de presse de Félix Tshisekedi tenue ce mercredi 6 mai à Kinshasa, le Mouvement Radical pour le Changement (MRC), dirigé par Franck Diongo, accuse le chef de l’État de préparer ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel » et d’un projet de « confiscation du pouvoir ». Le parti estime que les propos tenus par le président congolais sur la possibilité d’un nouveau mandat constituent un tournant majeur dans la vie politique du pays.
Pour le MRC, la sortie médiatique du chef de l’État ne relève pas d’un simple exercice de communication politique, mais d’une annonce aux implications institutionnelles graves.
« Le MRC considère la conférence de presse de Félix Tshisekedi comme une déclaration de guerre contre la Constitution, la démocratie et la souveraineté du peuple congolais », peut-on lire dans un communiqué rendu public.
Le parti accuse le président d’avoir exprimé, selon lui, une volonté de se maintenir au pouvoir au-delà des limites constitutionnelles, à travers une stratégie qu’il qualifie de « changement constitutionnel déguisé ».
Dans sa déclaration, le MRC dresse un tableau sombre de la situation nationale, évoquant notamment : la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays ; la dégradation des conditions de vie de la population ; la corruption ; l’affaiblissement des institutions ; et la crise économique.
Le mouvement estime que ces difficultés sont utilisées comme un argument politique pour justifier un éventuel prolongement du pouvoir en place.
« Le MRC accuse Tshisekedi d’utiliser cyniquement la guerre, le chaos et l’instabilité pour imposer une dictature personnelle », poursuit la déclaration.
Le mouvement dirigé par Franck Diongo critique également la gouvernance actuelle, évoquant des atteintes aux libertés publiques et un rétrécissement de l’espace démocratique. Il dénonce notamment : des cas de répression contre des opposants politiques ; des intimidations ; l’instrumentalisation de la justice ; et la détérioration des conditions économiques.
Selon le MRC, ces éléments traduisent une gouvernance marquée par la concentration du pouvoir et la fragilisation des contre-pouvoirs.
« Une opération de manipulation politique »
Cette conférence de presse de Félix Tshisekedi ne serait, pour le MRC, pas un simple exercice de reddition de comptes, mais une étape dans une stratégie politique plus large.
« Cette conférence de presse n’était pas un exercice de vérité. C’était une opération de manipulation politique destinée à préparer psychologiquement le peuple congolais à l’instauration d’une dictature constitutionnelle », indique le communiqué.
Ces accusations interviennent dans un climat politique déjà tendu, marqué par des débats autour de la révision de la Constitution et de la limitation des mandats présidentiels.
Toutefois, le MRC met en garde contre toute « tentative de changement opportuniste de la Constitution ou de confiscation du pouvoir ». Le mouvement prévient qu’une telle initiative pourrait déclencher une « résistance populaire, patriotique et historique ».
Le parti insiste également sur le fait que le pouvoir politique ne saurait appartenir à un individu ou à un groupe, mais exclusivement au peuple congolais.
James Mutuba