Lors de sa conférence de presse de ce mercredi 7 mai, le Président Tshisekedi a maintenu sa position pour un dialogue politique inclusif avec l’opposition non armée, mais doute fortement sur l'efficacité de résultats par rapport à la guerre qui déchire l’Est de la RDC.
Comme la proposition de dialoguer ne lui paraît que peu plausible face aux bombardements, le chef de l’État en a demandé ne serait-ce qu’une seule garantie à ceux qui en exigent l’organisation. Il a accusé les opposants de caresser l'ambition de prendre part à un gouvernement élargi.
« Donnez-moi une garantie que si je convoque les compatriotes au Forum pour un dialogue intercongolais prendra fin. Donnez-moi une seule garantie, je me mets à la tâche et je convoque le dialogue. Croyez-vous que parce que quelques congolais se réuniront ici à Kinshasa ou quelque part que le Rwanda comprendra le message et va retirer ses troupes ? », s’interroge Félix Tshisekedi.
Félix demeure convaincu que le Rwanda ne pourrait se retirer du sol congolais après un quelconque dialogue, arguant que son économie est nourrie par cette guerre « Ils vont se battre jusqu’à la dernière énergie avant de quitter le sol de ce pays», dit-il.
Fort de cette conviction, Félix Tshisekedi fonde plutôt sa foi sur la toute-puissance des États-Unis pour bouter dehors les troupes rwandaises de la République démocratique du Congo.
« C’est pour ça que des alliés puissants comme les États-Unis pour nous aider à le faire déguerpir de là. Je suis ouvert à dialoguer avec tous mes compatriotes, quels qu’ils soient. Je n’ai aucune difficulté à ça. Je veux un dialogue mais qui soit conditionné par la paix totale et véritable sur l’ensemble de la République démocratique du Congo », a-t-il ajouté.
Poursuivant son fil d'idée, Félix Tshisekedi estime qu'organiser un dialogue pendant qu'une partie de la population paie le lourd tribut de la guerre «c’est indélicat et irrespectueux».
Mais l'opposition croit dur comme fer qu’un cadre de dialogue inclusif entre Congolais serait un moment crucial pour mettre sur la table les causes profondes des crises sécuritaire et politique en RDC. Cette initiative est portée par le duo Églises catholique et protestante (ECC-CENCO) dans le cadre du Pacte social pour le vivre ensemble au pays et dans la région des Grands-lacs.
Si le Président de la République écarte l'inclusion de l'opposition armée dans un éventuel dialogue, quelques opposants non armés jugent moins réaliste la position de Félix Tshisekedi, alors que les rebelles de l’AFC/M23 constituent la colonne vertébrale de la crise dans les Nord et Sud Kivu.
Samyr LUKOMBO