Sanctions américaines contre Kabila : rejetant ces mesures, le PPRD diaspora invite ceux qui s’en réjouissent de se souvenir « du cas Mobutu »

Joseph Kabila lors des consultations à Goma
Joseph Kabila lors des consultations à Goma

Le parti politique du peuple pour la Reconstruction et la démocratie (PPRD) diaspora, dénonce l’attitude festive des membres du régime de Kinshasa, de considérer les sanctions américaines contre Joseph Kabila comme un instrument de condamnation politique. L'OFAC, qui a annoncé ces mesures n’est pas un tribunal, souligne-t-il. 

Dans un communiqué, lundi, le PPRD pôle diaspora, nie les accusations contenues dans les sanctions du Trésor américain contre son leader, s’appuyant sur le groupe d’experts de l’ONU, qui « n’a établi aucun élément public et contradictoire démontrant que JKK [Joseph Kabila Kabange, Ndlr] aurait organisé ou financé une entreprise armée contre la RDC».

Alors que Kinshasa se réjouit de la décision de l’administration Trump sur l’ancien chef de l’État, contraint à l’exil, le PPRD diaspora invite tous les affidés du régime de Félix Tshisekedi de consulter l’histoire du président Mobutu, jadis soutenu pendant longtemps par les USA avant d’être lâché lorsque que les enjeux avaient changé. 

« Ceux qui applaudissent devraient méditer le cas Mobutu : soutenu pendant des décennies, puis lâché lorsque les intérêts ont changé, Bill Richardson fut envoyé pour lui signifier que son temps était terminé », rappelle le camp Kabila. 

Par ailleurs, les fidèles de l’ex-président de la République présentent ces sanctions comme une tentative d’assassinat contre celui qu'ils appellent affectueusement «JKK». En même temps, ils redoutent que ces nouvelles mesures isolent, salissent et neutralisent «une figure qui dérange, sans procès, sans contradictoire et sans preuves judiciaires».

« Vouloir faire de Joseph Kabila le bouc émissaire unique des problèmes du pays est une fuite en avant qui ne résoudra ni la guerre, ni la faim, ni le chômage, ni la corruption, ni l’effondrement de la confiance entre l’État et les citoyens. La crise exige une médiation équilibrée, un dialogue inclusif, des institutions crédibles, une justice indépendante et le respect strict de la Constitution pour conclure l’alternance politique de 2019 », interpellent-ils.

Ce lundi, à Kinshasa, l'UDPS et plusieurs autres partis politiques de l’Union sacrée, plateforme de Félix Tshisekedi, battent le pavé en signe de soutien à la décision de Washington contre celui qu’ils considèrent comme le responsable de la rébellion qui occupe une grande partie dans l’Est de la RDC. Augustin Kabuya, tête d’affiche de cette mobilisation, a appelé les USA à mettre la main sur Joseph Kabila et d’émettre un mandat d’arrêt international contre lui. Le point d’orgue de leur marche est l’ambassade des USA, où ils déposeront un mémorandum. 

Jeudi, le Trésor américain avait annoncé une salve des sanctions contre Joseph Kabila, président de la RDC de 2001 à 2019. Il l’accuse de «semer l’instabilité» au pays, au travers de son soutien aux rebelles de l’AFC/M23, appuyés par le Rwanda. 

Par voie de conséquence, tous les biens et intérêts de Kabila relevant de la juridiction américaine, ainsi que des entités détenues à 50% ou plus par lui, sont gelés. Les ressortissants américains ont l’interdiction de réaliser toute transaction avec lui, sauf licence générale ou spécifique de l’OFAC. Sinon, les concernés se verront exposés  à des sanctions civiles ou pénales, y compris pour des personnes non américaines en cas de contournement.

L’ancien chef de l’État (2001-2019) a été condamné à mort par contumace, le 30 septembre 2025, par la Haute  Cour militaire pour trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, sans aucune situation atténuante.

Samyr LUKOMBO