En République démocratique du Congo, le taux d’inclusion financière est estimé à environ 58 %, tandis que le taux de bancarisation se situe entre 25 et 30 %, selon les derniers chiffres. C’est ce qu’a révélé André Wameso, Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC).
Intervenant sur cette question lors d’un briefing presse aux côtés du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, André Wameso a expliqué cet écart entre les deux indicateurs par l’essor et l’usage croissant des services financiers numériques, notamment le mobile money, qui permet d’accéder à des services de paiement sans nécessairement disposer d’un compte bancaire.
"Sur la question du taux d’inclusion financière, d'après les derniers chiffres, nous sommes aux alentours de 58 % d'inclusion financière et un taux de bancarisation entre 25 et 30 %. Pourquoi on a plus au niveau d'inclusion financière ? l’inclusion financière est plus élevée parce qu’aujourd’hui, il est possible d’utiliser des moyens de paiement digitaux sans avoir de compte bancaire, notamment via les mobiles money accessible par téléphone", a fait savoir le 28 avril dernier André Wameso, Gouverneur de la Banque centrale du Congo.
Selon lui, cette réalité constitue un levier important pour la mise en œuvre des politiques publiques en matière d’inclusion financière. Face à une jeunesse fortement connectée aux nouvelles technologies, André Wameso estime par ailleurs que la structure démographique du pays représente un atout majeur pour la digitalisation de l’économie, telle que l’ambitionne son institution, notamment en vue de promouvoir l’usage régulier de la monnaie nationale, le franc congolais.
"C’est sur cette base que nous comptons nous appuyer pour mettre en œuvre notre mesure. Et je peux vous dire que c’est possible. Notre population est à plus de 80 % née après l’an 2000. Elle n’a pas connu l’hyperinflation, elle est très connectée et très attirée par les nouvelles technologies. C’est cette jeunesse qui constitue déjà le moteur de la digitalisation dont nous avons besoin et qui représente aujourd’hui le principal levier de croissance pour notre économie", a soutenu le gouverneur de la Banque centrale du Congo André Wameso.
Lors de la dernière réunion du Comité de politique monétaire, une décision majeure a été annoncée : la Banque centrale du Congo instaurera l’exclusivité de l’importation physique des billets en devises étrangères à son niveau, dans un délai de douze mois à compter de cette date.
Selon André Wameso, aucune banque commerciale ne sera autorisée à effectuer l’importation physique de monnaies étrangères à partir du 9 avril 2027.
« Dans le but renforcer la sécurisation des approvisionnements en billets des banques en monnaies étrangères, de poursuivre la lutte contre les risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, ainsi que d'harmoniser des procédures de change au sein du territoire national, la Banque Centrale du Congo a décidé d'assurer l'exclusivité de l'importation physique des billets des banques en devises étrangères à partir de 12 mois à compter de cette date. En d'autres termes, aucune banque commerciale ne sera plus autorisée à effectuer l'importation physique des monnaies étrangères à partir du 09 avril 2027. En même temps, c'est à dire à partir de cette date du 09 avril 2027, aucune personne, physique ou morale, ne sera plus autorisée à effectuer des transactions en espèces en monnaies étrangères. Toute transaction en espèces, en monnaies étrangères, de quelque montant que ce soit, ne pourra se faire que par voie scripturale », a annoncé André Wameso.
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par une décision de politique monétaire importante : la Banque centrale du Congo a abaissé son taux directeur de 1,5 point de pourcentage, le faisant passer de 15 % à 13,5 %. À travers cette mesure, l’institution monétaire entend préserver la stabilité macroéconomique et anticiper les chocs extérieurs.
Clément MUAMBA