La situation sécuritaire reste extrêmement préoccupante dans le groupement de Ziralo, en chefferie de Buhavu (territoire de Kalehe) au Sud-Kivu. La société civile locale tire la sonnette d’alarme face à une crise humanitaire majeure affectant près de 48 000 personnes déplacées, contraintes de fuir les affrontements entre les rebelles de l'AFC/M23 et les wazalendo.
Selon des sources locales, l’agglomération de Chambombo, dans la localité de Nyalugusha, a de nouveau été le théâtre de violents combats lundi 13 avril. Après être passée sous contrôle des wazalendo, la zone est retombée aux mains des rebelles de l’AFC/M23.
Dans la soirée, des wazalendo ont été aperçus sur les hauteurs surplombant les localités de Bishaka et Kabunga, dans la localité de Kusisa, accentuant la panique parmi les habitants.
Conséquence, des populations déjà affectées par des déplacements successifs ont été contraintes de fuir une nouvelle fois. Les habitants de Chambombo, Bishaka et Kabunga se sont dirigés vers Shanje, dans le groupement de Buzi, où la peur reste également palpable.
Par ailleurs, plusieurs habitations ont été incendiées sur l’axe Bunje-Katale, notamment dans les villages de Bunje et Nyalugusha, lors des affrontements entre les belligérants.
Ce mardi 14 avril, la tension demeure vive dans plusieurs zones stratégiques, notamment à Katasomwa, ainsi que dans les localités de Nyawaronga, Nyamugari et Mwamiidjwi.
Face à cette insécurité persistante, toutes les écoles du groupement de Ziralo sont restées fermées. La société civile craint une année scolaire compromise pour des milliers d’élèves, faute de stabilisation rapide de la zone.
Entre temps, des milliers de déplacés venus de plusieurs localités, dont Brazza, Bushege, Kasuru ou encore Ruchuro, vivent dans des conditions très précaires dans des zones de refuge situées notamment à Lulambo, Biriko et Busurungi, en territoire de Walikale, au Nord-Kivu.
La société civile déplore l’insuffisance de l’assistance humanitaire et appelle à une intervention urgente des autorités congolaises et des partenaires humanitaires pour répondre aux besoins croissants, faciliter le retour des déplacés et relancer les activités scolaires.