La Voix des Sans Voix pour les droits de l’Homme (VSV) a vivement dénoncé la répression du sit-in organisé ce vendredi à Kinshasa par les partis politiques de l’opposition réunis au sein de la coalition C64. Dans un communiqué publié le même jour, l'organisation de défense des droits humains évoque une répression « musclée, sanglante et disproportionnée » menée contre les manifestants.
Une manifestation dispersée dans la violence
La coalition C64 avait appelé à un sit-in dans la capitale congolaise afin de faire entendre ses revendications sur plusieurs questions politiques et institutionnelles. Mais la mobilisation a rapidement tourné à la confrontation après l’intervention des forces de sécurité.
Selon la VSV, « des nombreuses personnes auraient été blessées » au cours de la dispersion de la manifestation. Des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent plusieurs responsables de l’opposition dont Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga présentant des blessures après les incidents.
Pour l'organisation, ces scènes de violence sont particulièrement préoccupantes.
« Des images insoutenables de certains responsables de l’opposition couverts du sang après la répression ne contribuent nullement à redorer l’image de la RDCongo à travers le monde », déplore le communiqué.
Au-delà de la répression de la manifestation, la VSV affirme que des actes de vandalisme ont été perpétrés contre certains sièges de partis politiques de l’opposition, notamment celui de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé).
L'organisation se dit surprise de l'attitude observée sur le terrain.
« La VSV regrette que les forces de sécurité aient assisté impuissantes aux actes de vandalisme sans en interpeller les auteurs », peut-on lire dans le document.
L'ONG rapporte que « certains éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC) aient été aperçus entrain de jeter des projectiles sur le siège de l’Ecidé aux côtés des personnes se déclarant de la Force du progrès ».
Contexte
Cette manifestation intervient dans un climat marqué par une forte polarisation entre la majorité et l’opposition. Les tensions se sont accentuées ces dernières semaines autour des débats politiques nationaux et des questions liées à l’avenir institutionnel du pays.
Alors que plusieurs organisations de la société civile appellent au respect des libertés publiques, les événements de ce vendredi risquent d'alimenter davantage les crispations entre les différents acteurs politiques.
D'après la VSV, ces violences observées constituent une atteinte grave aux droits fondamentaux garantis par la Constitution et les instruments internationaux ratifiés par la RDC.
« Aucun motif, quel qu’il soit ne saurait justifier la violation du droit à la vie et les atteintes graves à l’intégrité physique des personnes ainsi que le non-respect du droit à la propriété », insiste l'organisation.
Pour elle, ces événements traduisent « un recul en matière de l’exercice de certaines libertés fondamentales dont la liberté de manifester ».
Une enquête indépendante réclamée
Face à la gravité des faits rapportés, la VSV demande l'ouverture d'une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur les responsabilités.
« La VSV exige-t-elle une enquête indépendante en vue d’établir les responsabilités et de sanctionner les auteurs des actes répréhensibles sus évoqués et constitutifs des violations et atteintes aux droits humains », souligne le communiqué.
L'organisation appelle enfin les autorités congolaises à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir le respect des droits fondamentaux et prévenir la répétition de tels incidents, dans un contexte où les questions de gouvernance démocratique et des libertés publiques demeurent au centre du débat national.
José Mukendi