Pour plus d’éclairages dans ce dossier en flagrance, dont le dénouement exige expertise pour éviter une décision hâtive, le tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkole, siégeant en audience foraine à la maison communale de N’sele, a fait comparaître lundi dernier, le docteur José Lumengano, médecin directeur de l’hôpital général de référence de Kinkole.
Devant la barre, M. Lumengo a balayé l’argument du docteur David Balanganayi, qui a affirmé que la déontologie médicale permettait au corps soignant d’administrer quelques coups qu’il a lui-même qualifiés des «fessés» en jargon professionnel. Le médecin directeur a soutenu qu’en cas de de non collaboration et devant une urgence de cette ampleur, l’essentiel est de collaborer avec la patiente, afin d’avoir son consentement et travailler.
« En tant que médecin, on était retrouvé devant une patiente qui était non collaborante. Et ce qui est recommandé, c’est d’obtenir le consentement du patient. Devant une urgence d’une accouchée qui refuse les soins post-partum, il sied de rassurer, de chercher à convaincre le malade avec des méthodes qui sont bonnes», a-t-il expliqué aux parties.
Invité également comme expert devant éclairer utilement le Tribunal, le docteur Samy Tessi, chef de staff à l’hôpital général de référence de Kinkole, a fait savoir à l’assistance qu’il ne restait que deux heures de vie à Dorcas Mulema qui, pour lui, avait mené la vie dur à l’équipe avant, pendant et après l’accouchement. Il estime que l’on recourt au consentement lorsque la patiente est stable. Ce qui n’était pas le cas de Dorcas Mulema.
«Une hémorragie de post-partum est une urgence obstétricale, et c’est parmi les graves causes de décès maternels, représentant 57%. Avec la cas de notre médecin, l’idéal était d’aller fermer le robinet. Parce que vous pouvez mettre du liquide et donner du sang, ça va toujours couler et le malade va mourir», ajoute-t-il.
Reconnaissant, lui aussi, que les coups ne sont pas permis, le Dr Samy Tessi a appuyé son collègue David Balanganayi pour avoir «fait ce qu’il pouvait» afin de sauver la patiente en situation de «nécessité».
« Parce qu’aujourd’hui, pour transférer une accouchée ou une femme enceinte, il faut obtenir l’autorisation des ambulanciers du Fonds de promotion de la santé dont les véhicules sont stationnés à l’hôpital», renchéri le chef de staff de l’hôpital général de référence de Kinkole, qui évoque des manœuvres administratives très longues.
La nommée Dorcas Mulema, âgée de 19 ans d’âge, est une orpheline de père et de mère, vivant avec sa grand-mère. Le responsable de son bébé, avait nié la paternité de l’enfant, charge que la vieille Claire Nakweti assure péniblement.
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Samyr LUKOMBO