Conflit au Moyen-Orient et chocs pétroliers mondiaux : le gouvernement congolais prévoit des ajustements "maîtrisés" des prix pour garantir la stabilité de l’approvisionnement national

Pompes carburant (Image droits tiers)

La situation de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers, dans un contexte international sous tension, était au centre d’une importante réunion tenue jeudi 2 avril en soirée autour de la Première Ministre, Judith Suminwa. Aux côtés du Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, et de la Ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, la cheffe du gouvernement a évalué la disponibilité des produits pétroliers et discuté des mesures à prendre pour prévenir la flambée des prix et les perturbations des marchés mondiaux.

Selon le Vice-Premier Ministre Daniel Mukoko Samba, cité dans une dépêche de la cellule de communication de la Primature, il s’agissait pour le gouvernement d’insister sur la nécessité d’anticiper les effets des crises internationales sur l’économie nationale.

"La guerre dans le Golfe Persique a perturbé totalement les marchés des produits pétroliers. Autour de nous, on assiste à des révisions à la hausse des prix des produits pétroliers", a déclaré Daniel Mukoko Samba à l'issue de la réunion.

Au nom du gouvernement de la République, Daniel Mukoko Samba assure que la disponibilité des produits pétroliers reste garantie, tout en renforçant la vigilance pour prévenir toute rupture.

"Madame la Ministre d’État a, il y a quelques semaines, rassuré l’opinion au sujet de la disponibilité de produits pétroliers dans le pays. Mais nous devons en tant que Gouvernement prendre toutes les dispositions nécessaires pour que non seulement le pays continue à recevoir les produits pétroliers dont nous avons besoin, mais également que nous puissions prendre toutes les mesures nécessaires de manière à ce que la disponibilité de ces produits pétroliers soit pérenne", a dit le Ministre de l’Economie.

Face à la flambée des prix sur le marché international, l’Exécutif n’exclut pas des ajustements, tout en veillant à protéger l’économie nationale.

"Et cela passe bien sûr par l’ajustement probable des prix des produits pétroliers pour que nous ne soyons pas en déphasage par rapport à ce qui se passe dans le reste du monde. Le Gouvernement prend toutes les mesures nécessaires de manière à ce que, même s’il y a ajustement des prix des produits pétroliers, que cela ne se fasse pas au détriment de la stabilité générale sur les différents marchés dans le pays", a rassuré Mukoko Samba.

Cette réunion, sous la coordination de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, est perçue comme une réaffirmation de la volonté du gouvernement d’anticiper les chocs extérieurs et de concilier les impératifs économiques avec la protection du pouvoir d’achat des populations. Cette posture intervient dans un contexte régional et international marqué par des ajustements déjà effectués ailleurs. Dans de nombreux pays à travers le monde, les prix des produits pétroliers ont connu des hausses significatives, et le continent africain n’est pas épargné.

Bien avant et face aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui perturbent les marchés énergétiques mondiaux, le gouvernement congolais avait annoncé une série de mesures destinées à préserver l’approvisionnement en produits pétroliers et à protéger le pouvoir d’achat des citoyens. La Première ministre, Judith Suminwa, a instruit le Vice-premier ministre en charge de l’Économie nationale, la ministre d’État en charge des Hydrocarbures et le ministre des Finances « de suspendre, pour une durée de 45 jours, le principe de plafonnement du différentiel de transport ». 

D’après la cellule de communication de la Primature, « cette décision vise à anticiper les conséquences de la crise internationale sur l’économie congolaise ». Si la suspension du plafonnement pourrait entraîner une hausse des coûts logistiques, le gouvernement dit prévoir des mesures compensatoires. Les redevances et certaines taxes perçues aux frontières seront temporairement suspendues ou réduites, afin de limiter l’impact sur les prix à la pompe. Ce dispositif permet de maintenir l’équilibre entre les contraintes des fournisseurs et la protection des consommateurs.

Les ministres concernés devront mettre en œuvre des dispositions dérogatoires visant à : maîtriser le choc exogène lié à la guerre au Moyen-Orient ; alléger les charges sur les produits pétroliers aux frontières ; assurer l’effectivité du transit des produits pétroliers en provenance du Kenya et de la Tanzanie ; contrôler le fret et les assurances dans la fixation du prix moyen frontière (PMF). Ces mesures, limitées dans le temps, feront l’objet d’une évaluation à la fin de l’échéance.

Lors du Conseil des ministres du 13 mars dernier, Félix Tshisekedi avait insisté sur la nécessité d’une approche anticipative et coordonnée pour atténuer les effets des chocs externes et préserver la stabilité macroéconomique. Le gouvernement dit s’inscrire donc dans cette logique de vigilance et de réactivité.

Malgré les perturbations du détroit d’Ormuz et du canal de Suez, par lesquels transite une part importante de la production mondiale d’hydrocarbures, le gouvernement congolais rassure : les stocks actuels couvrent les besoins du pays jusqu’au mois de juin. De plus, plusieurs navires transportant des cargaisons de produits pétroliers sont attendus dans les prochaines semaines pour renforcer les réserves et garantir la continuité de la distribution

Clément MUAMBA