Masisi : vague d’arrestations par les rebelles de l'AFC/M23 à Kalembe, des civils accusés de collaboration avec les wazalendo

Kalembe sur la carte du Nord-Kivu
Kalembe sur la carte du Nord-Kivu

La tension reste vive à Kalembe, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, où au moins cinq autres civils ont été arrêtés mercredi 1er avril par des éléments de l’AFC/M23. Ces interpellations portent à au moins sept le nombre de personnes arrêtées en moins d’une semaine dans cette zone, sur fond d’accusations de collaboration avec les wazalendo.

Selon plusieurs sources locales, trois des personnes arrêtées auraient été ciblées après avoir manifesté publiquement leur satisfaction à la suite du retrait des rebelles de certaines localités du territoire voisin de Walikale, notamment à Mpety et Minjenje. Une attitude perçue par les rebelles comme un signe de sympathie envers leurs adversaires.

Par ailleurs, deux autres civils, membres d’une même famille, ont été interpellés dans des circonstances distinctes. Leur arrestation serait liée au départ de leur frère, un taximan, vers Pinga, une zone sous contrôle des forces gouvernementales. Ce dernier aurait profité du repositionnement des rebelles pour quitter la zone, un geste qui aurait suscité la colère des responsables locaux de l’AFC/M23. En son absence, ce sont ses proches qui ont été arrêtés, accusés à leur tour de complicité avec les forces régulières.

D’après les mêmes sources, toutes ces personnes sont actuellement détenues dans un camp rebelle à Kalembe, sans accès à une assistance de leurs proches.

Ces arrestations suscitent d’inquiétude parmi les acteurs locaux de défense des droits humains, qui dénoncent une “chasse à l’homme” dans les zones sous contrôle rebelle. Ils pointent notamment des arrestations arbitraires visant des civils, souvent sur la base de soupçons ou d’actes jugés anodins.

Quelques jours plus tôt, deux agents de santé avaient déjà été arrêtés dans la même localité pour des accusations similaires. Selon des témoignages, ces derniers auraient été torturés avant d’être transférés vers une destination inconnue.

Dans un contexte marqué par les mouvements de troupes et les recompositions sur les lignes de front entre Masisi et Walikale, la population civile continue de payer un lourd tribut, prise en étau entre les différents acteurs armés.