Âgé de 53 ans au moment des faits et plombier de profession, Youssouf Ezangi, Congolais d’origine mais naturalisé britannique, impliqué dans la tentative de coup d’État du 19 mai 2024 menée par Christian Malanga, a été extradé mardi 31 mars 2026 vers son pays, le Royaume-Uni, où il purgera une peine de prison à perpétuité.
Cette extradition, d’après le reportage de la Présidence de la République relayé par Giscard Kusema, directeur de communication adjoint de la cellule de communication du chef de l’État Félix Tshisekedi, s’inscrit dans le cadre de la coopération judiciaire entre la République démocratique du Congo et le Royaume-Uni.
Arrêté et jugé publiquement, tant en première instance qu’en appel, il a été reconnu coupable et condamné, avec ses coaccusés, pour des faits graves, notamment des actes de violences armées et de terrorisme, ce qui lui a valu la peine de mort. Selon la source citée, sa peine a été commuée en prison à vie par grâce présidentielle.
Dans le cadre de la coopération judiciaire entre la République démocratique du Congo et le Royaume-Uni, Youssouf Ezangi a été transféré de sa cellule de la prison militaire de Ndolo vers le Royaume-Uni afin d’y purger le reste de sa peine. Ce transfèrement a eu lieu en présence des représentants de l’ambassade britannique à Kinshasa, de Mbuyi Katharina Wagner, conseillère principale du chef de l’État Félix Tshisekedi au collège diplomatique, du commandant de la prison militaire de Ndolo, le colonel Flory Manga Bakafwa, ainsi que des agents de la justice militaire congolaise.
Après l’accomplissement de toutes les formalités d’immigration, le détenu Youssouf Ezangi a été remis aux services de sécurité britanniques, qui l’accompagneront jusqu’à son nouveau lieu de détention au Royaume-Uni.
"Il s'agit d'une décision souveraine qui procède exclusivement de la volonté du Président de la République, il ne s'agit pas d'un acte d'impunité mais au contraire il s'inscrit dans le cadre d'une coopération bilatérale exemplaire entre la République Démocratique du Congo et le Royaume-Uni. En agissant ainsi la République Démocratique du Congo fait preuve des responsabilités en respectant ses engagements internationaux", précise le reportage de la presse présidentielle.
Pendant le procès, Youssouf Ezangi avait révélé avoir rencontré Christian Malanga, chef de leur groupe « New Zaïre », en 2016 à Londres, à l’époque où ce dernier mettait en place une formation politique. Les deux hommes se sont ensuite retrouvés en Eswatini (anciennement Swaziland) en 2019, puis en Angola, avant de se rendre en République démocratique du Congo au début de l’année 2024.
Selon ses déclarations, il aurait simplement suivi Christian Malanga à la résidence de Vital Kamerhe ainsi qu’au Palais de la Nation, sans connaître précisément l’objectif de la mission. Le prévenu a toutefois ajouté que Malanga, tué le jour même par les services de sécurité, avait ordonné à ses hommes de capturer M. Kamerhe afin que celui-ci soit présent au Palais de la Nation lors de son intervention annoncée après la prise de cette infrastructure, siège des institutions de la République en RDC.
Le transfèrement de Youssouf Ezangi vers le Royaume-Uni vient allonger la liste des étrangers impliqués dans la tentative de coup d’État du 19 mai 2024 ayant regagné leurs pays. Avant lui, trois ressortissants américains, condamnés dans le cadre de ce coup d’État manqué, avaient été graciés par le président congolais Félix Tshisekedi, puis transférés aux États-Unis, où ils purgent désormais des peines de servitude pénale à perpétuité.
Parmi eux figure Marcel Malanga Malu, fils de Christian Malanga, présenté comme l’un des principaux instigateurs de la tentative de renversement des institutions congolaises. Il y a également eu le cas de Jean-Jacques Wondo, Congolais d’origine mais naturalisé belge. Avec cette vague de transfèrements, il ne resterait plus qu’un Canadien d’origine congolaise encore détenu, aux côtés d’autres prisonniers nationaux.
Clément MUAMBA