Le Président de l'Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a condamné les massacres de populations civiles survenus dans la nuit du 1er au 2 avril dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, attribués aux rebelles des ADF, qui ont fait plusieurs dizaines de morts. Selon le bilan communiqué par l'armée, 43 personnes ont été tuées, 44 maisons incendiées, ainsi qu’un camion et cinq motos endommagés dans la localité de Bafwakoa.
Tout en observant une minute de silence en mémoire des victimes de cette nouvelle attaque des ADF lors de la plénière tenue jeudi 2 avril 2026 au Palais du Peuple, l'élu de Walungu (Sud-Kivu) et ancien Ministre d'État, Ministre de l'Industrie, Aimé Boji a invité le gouvernement de la République à rétablir la sécurité et à assurer la protection des populations civiles dans cette partie du pays, déplorant que cette plénière aurait dû s'ouvrir sur une note de joie, suite à la qualification des Léopards à la Coupe du Monde de football, 52 années après.
"Au nom de l'Assemblée nationale, nous condamnons avec force ces actes odieux, invitons le gouvernement à tout mettre en œuvre pour arrêter ces tueries et sécuriser nos compatriotes de cette partie du territoire national", a déclaré le président de l'Assemblée nationale Aimé Boji Sangara dans son discours.
Se référant au document du porte-parole des opérations Sukola province de l'Ituri, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a fait savoir que les Forces armées de la République prennent des dispositions pour protéger les populations civiles et mener des opérations de démantèlement des réseaux ADF. Il a également invité les populations à collaborer avec les forces de défense et de sécurité dans le cadre de ce processus.
"Les FARDC tiennent à rassurer la population que toutes les dispositions sécuritaires sont en cours de renforcement afin de protéger les populations et de restaurer l’ordre et mettre hors d'état de nuire les terroristes ADF et leurs alliés, les opérations militaires ciblées sont intensifiées dans la zone pour traquer et démanteler les réseaux terroristes. La population est appelée à la vigilance, à la collaboration avec les forces de défense et de sécurité et doit dénoncer tout mouvement suspect pouvant contribuer à l'éradication de cette menace", a rassuré le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya.
Face à la répétition des attaques et des tueries à Mambasa, l’opinion publique s’interroge sur l’efficacité des réponses sécuritaires dans une région où l’urgence de protéger les civils demeure prioritaire. En mars dernier, des attaques des ADF, notamment dans la mine de Muchacha, ont fait plusieurs dizaines de morts et causé d’énormes dégâts matériels, en dépit des opérations militaires conjointes menées par les FARDC et l’armée ougandaise.
La RDC reste secouée par les attaques terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, précisément dans les territoires de Beni, Lubero, Irumu et Mambasa. Ces islamistes, qui ont fait allégeance à l’État islamique (EI), tuent des civils depuis plus de dix ans, et la violence ne faiblit pas en dépit des opérations conjointes des armées congolaise et ougandaise menées depuis mai 2021.
Clément MUAMBA